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Rostrenen. Une drôle d’affaire autour de l’agroécologie

Une minorité peut-elle imposer sa volonté à une majorité ? Les soubresauts de ce printemps agité ont démontré que c’est le cas actuellement sur le front de plusieurs conflits. Mais la force minoritaire peut aussi s’imposer dans des situations bien plus inattendues, comme c’est le cas à Rostrenen où survient une drôle d’affaire rapportée par le magazine La France Agricole.

A la base, une visite à la ferme dépassant la norme habituelle. En l’occurrence ce sont 500 enfants d’écoles primaires du secteur rostrenois qui sont invités à cette journée de découverte organisée par la coopérative Triskalia. Ce fut déjà le cas en 2015 et compte tenu de l’affluence attendue, cette journée a été organisée de longue date par l’entreprise en collaboration avec les enseignants et l’Education nationale. Au programme de cette journée placée dans le cadre de l’opération Planète positive, il y a la visite complète d’une exploitation de Kergrist-Moélou mais aussi des démonstrations de matériel de dernière génération, comme le robot désherbeur qui évite les insecticides ou le drone destiné à la lutte biologique, celle qui fait appel aux insectes défenseurs et non aux insecticides. C’est ce qu’on appelle actuellement l’agroécologie.

Cette présentation est-elle beaucoup trop flatteuse, voire tendancieuse par rapport aux effets réels de ces techniques ? C’est ce qu’ont estimé certains parents d’élèves, en protestant sur les réseaux sociaux contre le principe de cette journée au service de l’agriculture conventionnelle qui, selon eux, ne peut se prévaloir du terme agroécologie.

L’affaire aurait pu en rester au stade de ces petites polémiques qui agitent chaque jour les réseaux sociaux mais elle s’est un peu envenimée sur le web, faisant même craindre une manifestation. Du coup, l’Inspection académique a décidé purement et simplement d’annuler cette journée au nom du principe de précaution. Du côté de la coopérative comme des agriculteurs, on ne cache pas son désappointement devant la tournure des événements et dans le monde agricole, certains se disent outrés de l’image que cette affaire donne de l’agriculture présentée comme « par fréquentable par des enfants ».

Sur le fond, chacun a son opinion. Sur la forme, cette affaire pose une question redoutable : jadis, quand des parents n’étaient pas d’accord avec une visite de ce genre, il n’y envoyaient pas leurs enfants. Aujourd’hui, il suffit de faire monter la mayonnaise sur les réseaux sociaux pour qu’au nom du principe de précaution, on annule une journée prévue pour 500 enfants. Ben mon cochon, voilà une affaire qui va créer un drôle de précédent !

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