Retrouver les golfes clairs

Le salon nautique international de Paris s’est ouvert dans l’atmosphère pesante d’une capitale encore sous le choc. Mais sous les gigantesques halls porte de Versailles, les sourires sont de retour, à l’image d’une conjoncture nautique elle aussi plus souriante. Après quatre années de morosité hexagonale, le marché de la plaisance repart enfin à la hausse, imitant en cela les pays étrangers qui ont connu la reprise plus précocement que chez nous. C’est une constante de l’économie française, moteur diesel toujours un peu lent à remettre les gaz.

En Angleterre, dans les pays scandinaves, en Italie comme en Espagne, le nautisme affiche déjà des taux de croissance de 3 à 5% alors que la France revient tout juste dans le vert. Mais les entreprises françaises ont toutes les raisons de se réjouir du climat régnant dans les pays voisins puisque 72% de la production nautique française est exportée. Autant dire qu’à choisir, il vaut mieux que le contexte soit porteur à l’étranger qu’à domicile. C’est paradoxalement plus payant pour l’industrie nautique française et ses 5.000 entreprises.

Ce regain d’optimisme n’a toutefois pas masqué l’autre caractéristique de ce salon, organisé au moment même ou la COP21 irradiait toute la capitale d’ondes écologistes relevant de l’impérieuse urgence planétaire. L’environnement est donc lui aussi bien à l’affiche de ce salon où plus personne ne peut douter de l’impact des océans sur le climat, eux qui absorbent le tiers du CO2 relâché artificiellement dans le monde. Les dernières enquêtes témoignent que la vie marine s’appauvrit et qu’à avoir trop longtemps pris la mer pour une poubelle capable de tout digérer, l’humanité connaît une prise de conscience tardive et douloureuse. Et découvre des golfes plus très clairs.

Le monde de la plaisance doit s’en imprégner plus encore même si depuis deux décennies, les progrès sont notables avec notamment une baisse de 70% des émissions d’hydrocarbures générés par le nautisme. Les peintures, les modes de propulsion ou encore les déchets font l’objet d’une gestion plus respectueuse. Et chacun des neuf millions de plaisanciers français doit se convaincre qu’il est bien plus qu’une goutte dans cet océan.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider