Retour aux 90 km/h. Les élus bretons réservés

En Bretagne comme ailleurs, les élus bretons ont été nombreux à s’élever contre la mise en place des 80 kms/h sur les départementales, mesure qui fut le premier accélérateur de la crise des gilets jaunes. Mais alors que se profile la possibilité de revenir en arrière, les départements bretons jouent la prudence. Aucun des quatre de la Bretagne administrative ne paraît très pressé de revenir à la situation antérieure et le cinquième, la Loire-Atlantique, a déjà dit non. Elle figure, avec le Gard ou le Rhône, parmi ces quelques départements qui ont d’ores et déjà répondu par la négative à un retour en arrière aux 90 km/h, en estimant qu’il s’agit là d’un problème relevant de la compétence de l’État et que les élus départementaux n’ont pas à prendre une mesure qui pourrait engager leur responsabilité en cas d’accident mortel.

Aucune jurisprudence ne peut éclairer sur le sujet et la loi est encore en cours de discussion. Mais les députés ont d’ores et déjà voté l’assouplissement de la limitation à 80 km/h et il serait étonnant que les sénateurs n’en fassent pas rapidement de même. Instance la plus représentative des départements ruraux, le Sénat a été l’une des caisses de résonance de la grogne qui a gagné les campagnes après la mesure de limitation voulue par le premier ministre, Edouard Philippe.

Les départements bretons figurent parmi les plus réservés sur le sujet, si on croit les premiers commentaires, notamment autour de cette question de responsabilité mais aussi autour du délai nécessaire pour mesurer les effets de la limitation actuelle ou encore d’une indispensable cohérence interdépartementale pour qu’il n’y ait pas de changement de vitesse aux frontières de départements voisins. C’est au niveau du conseil régional que le sujet pourrait être collectivement discuté et ce n’est donc pas pour demain que les automobilistes bretons peuvent espérer un retour aux 90 km/h.

Il est vrai que la Bretagne dispose d’un atout qui a limité l’impact des 80 kms/h : ses voies express nord, sud et centrale et leurs liaisons. On y roule à 110 gratuitement et même sur l’axe central qui irrigue toute la Bretagne intérieure, on ne descend pas au dessous de 90 sur tronçon normal.

Un réseau rapide dont ne disposent pas nombre de départements ruraux qui ont été à la pointe de la contestation, y compris au sein du mouvement des gilets jaunes qui a pris pour cible les 80 km/h mais aussi les autoroutes payantes sur lesquelles des dégâts importants ont été commis, dans le sud de la France. La gratuité des voies express bretonnes les a tenues à l’écart des dérapages…

René Perez
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