canot

Retour à Brest pour le Canot de l’Empereur

Durant la seconde guerre mondiale, Brest a été le théâtre de singuliers transferts pour éviter les dommages de guerre. Au début du conflit, c’est la Banque de France qui a fait venir par train des centaines de tonnes d’or pour les mettre à l’abri dans des pays étrangers, par transports maritimes. Trois ans plus tard, c’est un autre curieux transfert qui a été organisé dans le sens inverse. C’est de Brest vers Paris qu’a été organisée l’évacuation du Canot de l’Empereur, un navire d’apparat construit par Napoléon 1er et conservé à Brest entre 1814 et 1943.

Mais c’est à Anvers que ce bateau a vu le jour en 1810. Ville alors sous domination française, elle possède un impressionnant arsenal que l’Empereur Napoléon 1er veut visiter. Et comme il ne lésine pas sur le luxe et l’apparat, il fait construire à une vitesse record ce canot de 18 mètres de long et 3,80 mètres de largeur, mu par des rameurs.

De Napoléon 1er a Napoléon III

Quelques années plus tard, le destin de l’Europe bascule et celui de Napoléon aussi. Pour être mis à l’abri, le canot est transféré à Brest, place forte de la Marine française où on sait qu’il sera bien protégé. Il est fort peu utilisé jusqu’à ce qu’une occasion exceptionnelle se profile : la visite de l’Empereur Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie, à Brest en 1858. La ville fera un accueil triomphal au couple impérial, paradant dans ce magnifique canot réhabilité et réhaussé, devant une foule considérable. Ensuite, il n’aura que peu l’occasion de réapparaitre si ce n’est pour des visites de très hautes personnalités, comme celle du président Loubet à Brest, en 1902.

Plus tard viendront la Première puis la Seconde guerre mondiale, avec les bombardements qui s’intensifient sur la cité du Ponant. Les autorités de Vichy, sous escorte de l’armée allemande, feront alors transférer le Canot de l’Empereur à Paris où il partira en train, puis camion, pour atteindre le palais de Chaillot, le musée de la Marine, où son installation nécessitera la destruction d’un mur, en 1945. Aucune porte ne pouvait laisser passer un tel bateau.

Ce musée, comme on le sait, doit faire l’objet d’une réfection complète et la municipalité bretoise a habilement profité de l’occasion pour faire revenir le Canot de l’empereur, là où il a passé près de 130 ans. Il sera bientôt installé sur le site des Capucins, ce nouveau vaste espace brestois en grande partie dédié à la mémoire des constructions navales. Il y restera cette fois définitivement. Du moins on l’espère…

Bretagne Bretons
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider