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Le taux de résidences secondaires à Arzon atteint 79,7 %. Thibault Poriel, Office de Tourisme Golfe du Morbihan Vannes Tourisme

Résident breton, un statut pour lutter contre les résidences secondaires ?

Y’a-t-il trop de résidences secondaires en Bretagne ? Pour Bretagne d’Avenir, liste de rassemblement des écologistes et fédéralistes pour les élections régionales de juin 2021, la réponse est oui. Ses membres proposent, après consultation des citoyens, de créer un statut de résident breton, lequel donnera droit d’acheter des biens immobiliers dans les zones les plus en tension de la région.

Le prix de l’immobilier breton flambe et la situation ne va sans doute pas évoluer dans l’après Covid. La pandémie et le télétravail en ont convaincu plus d’un, notamment parisien : la Bretagne, on peut y vivre et y travailler pendant l’année, et la vue sur mer c’est autre chose que la vitre du RER. A dire vrai, cela fait déjà quelques années qu’agit le charme de la région, surtout de son littoral, et les résidences secondaires sont devenues légions : entre 1990 et 2015, leur nombre a augmenté de 32 % pour la seule région Bretagne (quatre départements – chiffres Bretagne d’Avenir).

Artificialisation des terres importante en Bretagne

Le temporel a empiété sur le permanent, le secondaire sur le principal. Et pour Bretagne d’Avenir, il y a là un vrai problème, car qui dit hausse des logements secondaires dit hausses de la construction pour héberger les Bretons qui restent au pays. Et donc artificialisation des sols, disparition des terres agricoles et des espaces naturels, « alors que la région fait déjà partie des 3 régions en France où le rythme d’artificialisation des terres est le plus élevé » comme l’indique la liste candidate.

Les chiffres sur le littoral breton sont assez délirants, notamment au sud-est de la Bretagne. Ainsi, c’est dans le pays de Vannes que l’on explose tous les records de taux de résidences secondaires, selon des chiffres publiés en 2017. Si le taux n’est que de 6,5 % à Vannes, 8,9 % à Séné, 15,9 % à Arradon, il atteint 28 % à Baden, 58,9 % à Sarzeau, 59 % à Locmariaquer, 71,4 % à Carnac, 73,2 % sur l’Île-aux-Moines, et 79,7 % à Arzon ! Les îles affichent également de jolis scores : Batz (79,5 %), Sein (50,7 %), Bréhat (72,1 %), Ouessant (48,4 %), Houat (60%), Hoédic (74,7 %). Le débat, évidemment, concerne beaucoup moins les grandes villes, qu’il s’agisse de Brest (7,3%), Rennes (3,1%) ou Nantes (4,1%). En 2017, on comptait 330 436 résidences secondaires dans l’ensemble de la Bretagne (cinq départements), soit presque 12,5 % du total des logements.

Résident breton depuis un an

La proposition de Bretagne d’Avenir pour lutter contre l’expansion des résidences secondaires consiste donc de réserver le droit d’acheter aux personnes résidant depuis un an moins sur le territoire, lorsque ce territoire est en « tension » immobilière.

Pour que cette proposition voit le jour, il va d’abord falloir que le liste soit élue. Il n’est pas évident qu’elle fasse l’unanimité auprès d’une frange bretonne qui voit la manne financière que représente une vente directe aux bourses parisiennes qui ont davantage de moyens.

Mais l’élection ne suffirait sans doute pas. En effet, la Corse, toujours à la pointe de ce genre de combat, a déjà tenté de mettre en place un statut de résident. Il avait été voté par l’assemblée corse mais n’a jamais été mis en place car il se heurte au droit constitutionnel, au respect de l’égalité des Français et la garantie du droit à la propriété. Vus les débats récurrents sur la question, elle mérite tout de même d’être posée.

Julien Perez
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