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Rail. Le réquisitoire de Combiwest contre la SNCF

Combiwest Bretagne est en redressement judiciaire. Opérateur privé de transport combiné rail-route, la société s’est lancée en 2009 dans le ferroviaire pour assurer des transports de l’Ouest vers le sud de la France et son volume est allé crescendo, jusqu’aux 30.000 boites-camions transportés en 2015. Après l’annonce de sa mise en redressement judiciaire, l’entreprise a mentionné dans un communiqué « des incidents réguliers empêchant le bon acheminement des denrées alimentaires et industrielles ». Elle n’a pas cité la SNCF, objet de la colère, contrairement à ce qu’elle avait fait au mois de septembre.

Combiwest avait alors été beaucoup plus explicite au moment des manifestations agricoles de début septembre à Paris. L’entreprise de 59 salariés considérait alors ouvertement que la SNCF et ses employés avaient tout fait pour contrarier l’essor de la société bretonne. Laquelle avait dressé un véritable réquisitoire pour détailler quelques-unes des entraves qu’elle a eu à subir depuis qu’elle s’est lancée dans cette activité. Combiwest espère que la période d’observation de six mois qui lui est maintenant accordée par la justice permettra de mettre en évidence quelques unes des entraves dont elle s’estime victime.

« Une filiale Sncf qui reprend du service… »

Premier croc-en-jambe, selon la société : « En 2010, la société Novatrans, filiale de la Sncf vendue depuis à un acteur privé, décide de lancer un train combiné sur l’axe Rennes-Vénissieux pour nous contrer, une semaine avant notre démarrage. Or la Sncf avait abandonné cette ligné depuis 2005 et sur le champ, Novatrans a appliqué des taris de dumping : – 40% par rapport à ceux que nous avions annoncés.Pour bloquer nos sillons (créneaux d’autorisation de circulation) Novatrans fera même parfois circuler des caisses vides », assurent les dirigeants de la société.

Des incidents ? « Un aiguillage cassé à la sortie de Vénissieux sur une des lignes que nous utilisons en sortie. Sncf Infrastrtruture mettra un an à venir réparer alors que l’aiguille a été endommagée par l’un de ses trains. En août 2014, un de nos trains déraille sur la ligne Château-Gontier-Longuefuye que nous sommes seuls à utiliser. Les travaux prévus par Sncf Infrastructures n’avaient pas été réalisés ». Entre les refus de sillons et les erreurs d’aiguillages prétendument « involontaires », les entraves se sont multipliées, affirment encore les dirigeants.

« Prévenus au dernier moment »

Et puis ajoute la société à la longue liste de ses doléances, « il y a aussi ce 27 juillet 2015 où la Sncf nous informe des conséquences des travaux en gare de Rennes, une semaine seulement avant leur commencement, alors qu’ils sont programmés depuis plus de deux ans. Pour nous, ce sera 40% de baisse immédiate d’activité et deux fois plus de moyens (hommes, wagons…) à mettre en oeuvre ».

Dans ce long réquisitoire détaillant les dates et tous les incidents relevés en cinq années de fonctionnement, Combiwest s’en prend aussi aux agissements de cheminots « aigris, dit-elle, de voir les privés réaliser le travail qu’ils ne font plus et qui sont couverts par leur hiérarchie ». Entre autres, ils évoquent les postes de régulation, devenus « des lieux de guérilla anti-privé par excellence. Exemple : au Mans, chaque fois qu’il est de service, le même agent nous fait systématiquement passer par l’endroit le plus compliqué avec trente minutes de manoeuvres supplémentaires. Et le risque de train calé pour cause de retard »…

Julien Perez
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