Comme Rennes, Nantes aura-t-elle son métro ?

Rennes fut, en 2002, la plus petite ville au monde à posséder un métro. Le pari était très risqué : techniquement, financièrement, politiquement… Mais le succès fut rapidement au rendez-vous. Les prévisions tablaient sur 75.000 voyageurs/jour, mais très vite, c’est le double de passagers qui empruntèrent les rames du métro rennais. Au point que c’est dans un quasi-unanimisme que fut lancée la deuxième ligne malgré le coût astronomique (1,2 milliard d’euros et de nouveaux grands travaux) pour une ouverture qui devrait s’effectuer l’an prochain.

Et Nantes alors ? Devant l’audace rennaise, la plus grande ville de l’Ouest ne devrait-elle pas se doter elle aussi de ce transport souterrain qui réduirait singulièrement les gros embarras de circulation auxquels sont parfois confrontés les Nantais ? La question est sur la table et la maire actuelle, Johanna Rolland, a promis de lancer une étude de faisabilité si elle est élue au printemps prochain. Mais malgré la réussite rennaise, l’engouement n’est pas au rendez-vous. Un sondage sur internet effectué par Ouest France (environ 3.000 participants) donne 57 % d’opposants au projet.

Il est vrai que les coûts d’une telle réalisation et les énormes travaux qu’elle susciterait constituent de puissants freins en ces temps de restriction budgétaire dans les finances des communes, fussent-elles des métropoles régionales. L’argument écologique sur l’intérêt du métro pour diminuer l’emprunte carbone est également limité. Le tramway nantais fonctionne à l’électricité et donne visiblement satisfaction si on s’en tient au très bon taux de fréquentation.

Mais l’opposition à ce projet tient aussi à la caractéristique de Nantes, ville-fleuve traversée par la Loire, à la confluence de l’Erdre et la Sèvre. Cela nécessiterait de très gros travaux de passage sous l’eau et donc un coût encore plus élevé. Nombre de Nantais considèrent, à ce propos, que plutôt que passer sous ces eaux, il conviendrait plutôt de passer dessus, en développant les liaisons fluviales avec des bateaux électriques. Aller au travail en bateau non polluant, ce serait assurément le top des déplacements urbains. Et ce sera le cas sur la Loire puisque deux projets de bus fluviaux sont en cours de finalisation pour une mise en service en 2020 et 2023. D’autres habitants suggèrent que l’on revienne au transbordeur qui fut longtemps en service à Nantes pour passer d’une rive à l’autre. Un système qui aujourd’hui tiendrait plus du téléphérique brestois que du métro rennais.

Alors métro ou pas ? Le sujet est sur le tapis mais n’enflamme pas la campagne des municipales. Car dans la tiédeur ambiante autour de ce sujet, les Nantais ne regardent pas seulement vers le nord, du côté de Rennes. Quand ils se tournent vers le sud, ils constatent que Bordeaux a définitivement dit non à un métro.

 

René Perez
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