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Rennes et Brest. Deux aéroports confortés

L’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes va entraîner un réaménagement de l’aéroport actuel de Nantes pour faire face à la progression constante du trafic. Mais au délà de la problématique nantaise, deux aéroports de l’Ouest voient leur pôle renforcé.

D’abord Rennes dont le trafic a de toute évidence été bridé par Vinci, pendant des années. Gestionnaire des deux aéroports de Nantes et Rennes, cette société a mis le paquet sur la plateforme nantaise pour que le seuil de saturation légitime un transfert vers Notre-Dame-des-Landes. Et pendant ce temps, l’aéroport de Rennes végétait autour de 400.000 voyageurs par an, soit dix fois moins de trafic que son grand voisin. Etonnant décalage pour deux structures distantes de moins de 100 kilomètres et gérée par la même société.

Rennes. Une extension à maîtriser

Ces trois dernières années, Rennes a enfin décollé et il est probable que l’abandon de Notre-Dame-des-Landes va faire passer un palier supplémentaire à l’aéroport rennais qui, l’an dernier, était sur le podium des plus grosses progressions de trafic en France. Comme si les difficultés rencontrées par le projet de Notre-Dame-des-Landes et son avenir très incertain avaient fait sauter un verrou.

L’horizon est cette fois bien dégagé pour que l’aéroport de Saint-Jacques (qui vient de passer le cap des 600.000 voyageurs) s’envole résolument vers le million de passagers dans quatre ou cinq ans. Mais les collectivités locales ne veulent pas d’un emballement et de gros projets d’extension qui reporteraient sur Rennes les pressions environnementales qui ont torpillé le projet de Notre-Dame-des-Landes. Une progression du trafic, oui, mais à vitesse raisonnable et périmètre constant pour éviter de cristalliser à son tour, les affres d’une contestation qui est la seule à sortir gagnante de cet épisode homérique.

Brest. Une zone conservée

Du côté de Brest, on regardait Notre-Dame-des-Landes avec circonspection. Les dirigeants de la Chambre de commerce, gestionnaire de l’équipement, étaient tenus à une forme de solidarité régionale en faveur du nouvel aéroport, porté par l’ensemble des milieux économiques. Mais au fond d’eux, ils n’ignoraient que cette réalisation aurait un effet d’aspiration, au moins sur les zones de chalandise les plus éloignées de l’aéroport brestois. C’était le risque de voir déserter la clientèle d’une ligne Saint-Brieuc-Lorient qui n’aurait plus eu la moindre raison de pousser vers l’ouest pour embarquer à Brest, pour certaines destinations, alors que Notre-Dame-des-Landes offrait une porte ouverte sur le monde, plus facilement accessible que l’aéroport actuel de Nantes.

La plate-forme de Brest sort donc elle aussi renforcée et ses dirigeants doivent maintenant savoir profiter des promesses d’Edouard Philippe d’aider Rennes et Brest, à titre de compensation, pour permettre aux Bretons d’accéder aux grandes capitales européennes. Il va falloir agir vite avant que le soufflé ne retombe.

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