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Remorqueurs coulés. Trois bourrins au large de Sein

A priori, il n’y aura pas de marée noire sur des plages bretonnes. Certaines informations un peu alarmistes, lancées jeudi, n’ont pas été confirmées par la Préfecture maritime de Brest. Certes, des hydrocarbures s’échappent des deux remorqueurs coulés au large de Sein, la veille de Noël, mais les quantités ne provoquent que des irisations à la surface de l’eau, annoncent les autorités. La distance (une centaine de kilomètres des côtes bretonnes) et le brassage par la mer devraient limiter l’impact de ces fuites d’hydrocarbures qui, sur les deux remorqueurs, devraient représenter l’équivalent d’une grande piscine. Plongeoir non compris.

Une voie d’eau, deux naufrages !

Intervenu en pleine fête de Noël, le naufrage de ces deux bateaux est un peu passé a la trappe médiatique de la trève des confiseurs. Mais on en sait désormais un peu plus sur ce drôle d’attelage en route vers la Turquie. Trois remorqueurs condamnés à la démolition s’en allant solidairement se faire dézinguer chez les Turcs. Un devant, tirant les deux autres, amarrés à couple. Autrement dit, un patraque tirant deux mal foutus, attachés l’un à l’autre. Et ce qui devait advenir arriva : une voie d’eau dans l’un qui fait couler les deux remorqueurs siamois de 80 mètres, entraînés solidairement dans le fond, pendant que le troisième continue sa route.

On a vu bien des choses en mer mais on doit bien avouer avoir rarement eu connaissance d’un tel attelage de bourrins. Pas un pour sauver l’autre, partis pour un dernier voyage de déglingos, en plein coeur de l’hiver et au milieu d’une des routes les plus fréquentées du monde.

Si encore ce voyage de condamnés était le fait d’une compagnie anémiée d’un pays du Tiers Monde. Pas du tout. C’est le danois Maersk, plus grand armateur mondial qui a monté ce convoi vers la Turquie lointaine alors que des chantiers de déconstruction existent dans le nord de l’Europe, au Danemark même ou en Belgique. Ce qui fait hurler certaines associations de protection de l’environnement.

Mise en demeure par la Préfecture maritime, la compagnie danoise va devoir rendre rapidement un rapport technique et photographique pour déterminer d’éventuelles interventions sur ces deux épaves. Par environ 120 mètres de fond, ils constituent d’ores et déjà un danger de croche pour les pêcheurs.

Pierre Vincent
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