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Régionales. Une alliance Le Fur-Troadec au second tour ?

Marc Le Fur et Christian Troadec ont défilé côte à côte avec les Bonnets rouges mais aussi pour la réunification de la Bretagne et partagent les mêmes analyses sur les langues et la culture bretonnes. Leur convergence de vues pourrait-elle aller jusqu’à une alliance surprise au second tour des régionales ?

Lequel recherchait l’autre ? lors des défilés des Bonnets rouges ou des rassemblements pour la réunification de la Bretagne, Marc Le Fur et Christian Troadec ont été photographiés côte à côte à plusieurs reprises. Il nous semble que c’est plutôt le chef de file de la droite pour les régionales qui cherchait la proximité avec le maire de Carhaix, aujourd’hui tête de liste régionaliste, comme s’il avait déjà des idées derrière la tête alors que l’échéance électorale était encore lointaine. On n’ira pas jusqu’à dire que ces deux-là étaient copains comme cochons sur ces grands rassemblements mais leur duo n’est jamais passé inaperçu, d’autant qu’ils se mettaient régulièrement en tête de cortège, comme un pied-de-nez armoricain au pouvoir socialiste en place.

Sur la même longueur d’ondes

Ces convergences de vues ont été trop nombreuses, voire même un brin ostentatoires, pour ne pas aboutir à une conclusion aujourd’hui manifeste : sur le plan régional, ces deux-là sont sur la même longueur d’ondes. Car outre les Bonnets rouges, la réunification ou les langues, ils ont pour autre particularité de prôner tous deux des mesures spécifiques en faveur de l’ouest breton, problématique que Jean-Yves Le Drian préfère contourner avec sa formule désormais standard : « Il ne faut pas monter les Bretons les uns contre les autres ».

A toutes ces convergences, on peut ajouter que l’un comme l’autre se sont scrupuleusement ménagés ces derniers mois, aucun n’attaquant l’autre pour concentrer leurs critiques sur une cible unique : le pouvoir socialiste en version Le Fur, le pouvoir jacobin en déclinaison Troadec. Et tous deux de fustiger l’attitude de Jean-Yves Le Drian, ministre-candidat se dérobant aux obligations de débat démocratique en raison des événements.

Des partisans de Marc Le Fur vont même plus loin : dans des déclarations, y compris à la télévision, ils mettent en avant toutes ces convergences entre les deux hommes, comme autant d’appels du pied à une alliance entre les deux tours qui, pour Troadec, serait certes politiquement incorrecte mais régionalement pertinente. Le Fur et lui ont plus de points communs sur les grands sujets actuellement clivants en Bretagne que n’en a Jean-Yves Le Drian avec le maire de Carhaix.

(Photo breizh-info.com)

(Photo breizh-info.com)

 

Troadec entre 5 et 10%

Tant de convergences pourraient-elles déboucher sur une alliance Le Fur-Troadec au second tour ? Avant le premier round, elle n’est pas à l’ordre du jour. Mais entre les deux tours, l’arithmétique des urnes pourrait donner corps à des rapprochements. Les sondages d’avant premier tour ne qualifient pas Troadec pour le second où il faut atteindre 10% des voix. Ils situent le maire de Carhaix et tête de liste « Oui Bretagne » entre 5 et 10%, trop peu pour un maintien mais assez pour une fusion dont la barre est fixée à 5%.

Si le score est serré entre le Drian et Le Fur, avec un Front national en position probable de se maintenir, le total de voix du maire de Carhaix pourrait bien attirer quelques convoitises et des vélleités de rapprochement. Marc Le Fur, on peut en être certain, lui fera la proposition au nom de leurs positions croisées sur les dossiers les plus controversés. Mais Troadec peut-il s’allier avec la droite ? Ses batailles multiples contre le PS dans la région carhaisienne pourraient le laisser penser mais là, il faudrait tout de même faire le grand saut.

Le maire de Carhaix aura cependant cet atout dans la manche : si la crainte de le voir s’allier avec Le Fur devient trop menaçante pour l’issue du scrutin, c’est du côté de la gauche que pourrait venir le rapprochement stratégique avec Troadec. Autant dire que même s’il n’atteint pas la barre des 10% dont il a fait son objectif, le chef de file de « Oui Bretagne » ne sera peut-être pas totalement absent du second tour si l’arithmétique du premier tour lui fait une fleur.

René Perez
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