Après les régionales, Le Drian restera ministre

Jean-Yves le Drian a décidé d’annuler ses quatre meetings électoraux, prévus en Bretagne avant le premier tour, pour rester à Paris en raison des circonstances. Cette décision laisse clairement supposer que même en cas de victoire, il restera ministre de la Défense sans renier ce qu’il avait jusqu’ici annoncé et promis. La raison ? L’état d’urgence et même l’état de guerre plusieurs fois évoqué par François Hollande ont totalement changé la donne et balayé d’un revers de manche tous les projets ou promesses qui avaient été mis sur la table. En Bretagne comme ailleurs.

On repart à zéro et les circonstances offrent au Président de la République une occasion tragique mais opportune de garder à ses côtés Jean-Yves Le Drian, comme il en a toujours manifesté la volonté. L’état de guerre qu’il invoque ne justifie-t-il pas d’imposer au Breton, en première ligne actuellement, de ne pas quitter le ministère de la rue Royale ? Et les Français, en donnant au Président de la République une soudaine remontée dans les sondages, n’indiquent-ils pas clairement que la priorité va au terrorisme et à la sécurité, au détriment de tous les autres dossiers ?

Comment dans un tel contexte Le Drian se retirerait-il sur ses terres alors qu’il fait partie du quatuor majeur en ces tragiques moments avec Hollande, Valls et Cazeneuve. Les plus mal intentionnés pourraient même le taxer de « déserteur » s’il choisissait la Bretagne au détriment de l’Etat en guerre.

Devant ce scénario inattendu, les autres candidats aux régionales ont de légitimes raisons de trouver cette situation doublement anormale. Pendant des mois, ils ont boxé dans le vide en attendant que Jean-Yves Le Drian veuille bien annoncer sa candidature. Et à peine entré dans l’arène armoricaine pour la campagne des régionales, le voilà reparti dans la capitale pour cause d’état d’urgence, avec annulation de ses meetings. Sans même que soit envisagé, une seule seconde, son retrait de ces régionales.

La Bretagne aura ainsi été la seule région de France à être privée d’une campagne électorale en bonne et due forme, tronquée à ses débuts et laminée à la fin. Mais la parole restera en dernier ressort aux électeurs. A eux de juger et de décider à qui il vont accorder des tas de sièges.

 

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider