TOULOUSE

Régionales en Bretagne. Des promesses dans l’air du temps

Petite revue des promesses des candidats aux régionales en Bretagne dans le domaine économique. Globalement, elles restent très raisonnables en ces temps de restrictions budgétaires, de transition écologique et de soudaines poussées sécuritaires.

Les promesses politiques, on le sait, n’engagent que ceux qui les écoutent. Elles sont parfois difficiles à tenir quand la dure réalité des faits vient contrarier les meilleures intentions. Ainsi, Ségolène Royale avait surpris tout le monde en affirmant qu’au nom de l’harmonisation des taxes sur les carburants, le prix du diesel allait monter en 2016 et celui de l’essence baisser un peu. Finalement, comme on s’y attendait, tout va augmenter. Comme d’hab !

PS-UMP : chacun sa vision

Alors, et nos candidats ? Nous promettent-ils eux aussi qu’on va raser gratis demain et distribuer de la brioche aux nécessiteux ? En Bretagne, on a beau chercher, on ne trouve pas de ces promesses extravagantes qui furent parfois le lot des scrutins électoraux au temps où la situation financière des collectivités locales était nettement moins préoccupante.

D’abord, le PS et ses alliés. C’est la majorité sortante et à ce titre, elle ne peut pas dire qu’on aurait du faire ceci ou cela dans la mandature qui s’achève. Ce serait s’envoyer une balle dans le pied. Jean-Yves Le Drian et son équipe (qui ont oublié de mettre le logo du PS sur les affiches…) ont donc le regard tourné vers l’avenir et leur credo va résolument vers la nouvelle économie, celle qui selon eux va permettre la transition économique de la Bretagne. C’est la colonne vertébrale de leur programme où il est question de nouvelles technologies, de mise au point de nouvelles productions alimentaires, d’énergies renouvelables, de voitures électriques, de cybersécurité dont la Bretagne devrait devenir le fer de lance hexagonal. Et de faire de la pointe de la Bretagne « un campus mondial de la mer ».

Pour Marc Le Fur (UMP), c’est d’abord de ce qui existe qu’il faut se préoccuper. Le député et ses colistiers veulent ainsi que les aides régionales à l’économie aillent exclusivement aux petites et moyennes entreprises, au petit commerce, au milieu rural et agricole, autant de secteurs qu’ils reprochent à la majorité sortante d’avoir délaissés et sur lesquels le FN capitalise actuellement. Pour lutter contre la désertification médiale, ils proposent également une aide aux étudiants en médecine qui s’engageraient à venir s’installer en zone rurale. Pour relancer la construction, Marc le Fur et son équipe promettent un prêt à taux zéro (jusqu’à 20.000 euros) qui serait pris en charge par la Région.

Du grain pour le FN

Les candidats du FN étaient jusqu’à présent en terre de mission en Bretagne puisqu’aux dernières régionales, ils n’avaient pas passé la barre du premier tour. Cette fois, le second leur parait promis. Depuis les dernières élections départementales et européennes, leur envolée est spectaculaire et les sondages leur promettent un score flatteur, bien que la Bretagne soit la région française la moins concernée par l’immigration, thème majeur au FN. Mais deux éléments sont venus leur donner du grain à moudre : les attentats et l’arrivée de migrants en Bretagne sur laquelle les frontistes ont aussitôt rebondi. Par ailleurs, eux aussi veulent une renforcement des aides aux petites entreprises et au milieu rural et plaident pour la création d’une police des transports.

Christian Troadec et la liste « Oui la Bretagne » sont donnés en quatrième position par les sondages. Liste régionaliste, elle demande la réunification de la Bretagne et prône un grand emprunt régional pour aides les PME et PMI. Elle demande également des mesures pour contrer la fracture territoriale de la Bretagne qui s’est accentuée avec la crise et se prononce en faveur d’un « bouclier social pour la Bretagne » qui assurerait une offre médicale à chacun à moins de 20 minutes de son domicile.

Verts : « Changer d’économie »

Les Verts (EELV) veulent pour leur part développer une autre économie, de proximité, innovante, respectueuse de l’environnement comme des salariés. Le parti écologique est favorable notamment à des « états généraux de l’économie et de l’emploi », au développement de la marque Bretagne et des monnaies locales, ainsi qu’un plan de diversification des entreprises en difficulté vers d’autres productions. Il préconise également une sortie du TGV pour donner la priorité aux TER (transports régionaux).

Le Front de Gauche prône la création d’un fonds régional pour l’emploi et la formation et veut que les attributions de subventions aux entreprises soient soumises à des règles sur l’égalité de salaires hommes-femmes ou les conditions de travail. Il souhaite également la dénucléarisation de la Bretagne en visant en premier lieu les sous-marins nucléaires de l’ïle-Longue.

Lutte ouvrière dénonce les subventions qui sont attribuées aux grandes entreprises qui licencient et les allègements fiscaux accordés aux patrons. Le parti soutient « tout ce qui améliore le sort du peuple »

Debout la France, dans le sillage de Nicolas Dupont-Aignan, a un programme très sécuritaire. Dans le domaine économique, elle propose d’exonérer de charge pendant cinq ans toute embauche en CDI d’un chômeur et exige la suppression de la directive sur les travailleurs détachés.

Le Parti breton, liste indépendantiste, veut une agence bretonne de développement économique, comme au Pays-de-Galles avec organisation de l’économie autour de clusters, regroupement des entreprises de même secteur par territoire pour favoriser leur développement.

Breizhistance, liste de la gauche indépendantiste bretonne, veut une solidarité économique et le partage des richesses et du travail ainsi qu’une véritable transformation énergétique écologique et créatrice d’emplois. Plus anecdotique : elle propose que les équipes de Loire-Atlantique disputent la Coupe de Bretagne de football.

L’Union populaire républicaine prône la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Elle veut soustraire l’économie « de la mainmise des féodalités » en favorisant la participation des travailleurs à la direction de l’économie avec reconstitution d’un syndicalisme indépendant.

René Perez
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