Rail. La Bretagne ne s’ouvre pas à la concurrence

C’est reparti pour dix ans. La Bretagne, par la signature de son président de région Loïc Chesnais-Girard, a décidé de confier à nouveau son réseau régional à la SNCF ce qui, en d’autres temps, n’aurait constitué qu’une formalité établie d’avance.

Mais le contexte rend cette signature aujourd’hui moins banale. D’abord parce que la compagnie nationale traverse l’un des conflits les plus longs de son histoire et que depuis plus d’un mois et demi, le service n’est plus assuré comme il devrait l’être. A la plus grande insatisfaction d’une clientèle lassée par les mouvements sociaux à répétition au sein de la compagnie qui n’a plus vraiment le ticket.

Mais le contexte est aussi marqué par la possibilité, désormais donnée aux régions depuis décembre dernier, d’ouvrir leur rail régional à la concurrence. Et à ce jour, trois régions ont décidé de sauter le pas, sans aller toutefois aller jusqu’à ouvrir l’ensemble de leurs lignes régionales. 20 % du réseau dans les Hauts-de-France, trois lignes dans le Grand Est alors que deux appels d’offres vont être prochainement lancés dans la région Alpes-Côtes-d’Azur où certaines voix se sont fait élevées contre le service déplorable de la SNCF. Entre autres, celle du maire de Nice, Christian Estrosi, très remonté contre les records d’horaires fantaisistes et de mouvements sociaux qui caractérisent le réseau régional du sud-est de la France.

En Bretagne, on n’est pas dans ce mode de dysfonctionnement puisque selon les mots même du président de région, 97 % des TER bretons arrivent à l’heure et que le trafic a doublé en quinze ans. Satisfaite de la prestation de la SNCF, la Région-Bretagne a donc décidé de reprendre un abonnement pour dix ans, sans ouvrir son rail à la concurrence. Il lui en coûtera tout de même un milliard d’euros sur cette période, du moins si la compagnie respecte des objectifs précis de qualité de service ainsi qu’une hausse de 23 % minimum du trafic sur cette période. Quand on voit les pressions de plus en plus constantes que subit l’automobile, cet objectif-là ne semble vraiment pas insurmontable.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider