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Tréméven (29). Elevage de cochons avec vue sur le porc

Après avoir essuyé un terrible incendie en juin 2016, Sébastien Brishoual, éleveur porcin à Tréméven, non loin de Quimperlé, a décidé de revoir complètement son exploitation. Huiles essentielles, larges baies vitrées, récupérateur de chaleur : bienvenue dans un élevage conventionnel engagé !  

Lorsque Sébastien raconte son histoire, il nous prévient : « On m’a pris pour un fou à l’époque ! » Et pour cause, ses cochons bénéficient, entre d’autres nombreux dispositifs, d’une diffusion constante d’huiles essentielles. « À la fois pour prévenir les odeurs vis à vis du voisinage, mais aussi pour prévenir les problèmes respiratoires, par exemple, et dans l’optique d’utiliser les antibiotiques le moins possible ». Une idée saugrenue ? Pas tellement, lorsqu’on prend la mesure de ce qu’a mis en place cet éleveur suite à l’incendie de sa ferme en juin 2016.

Repartir de zéro

À l’époque, Sébastien perd la quasi totalité de son élevage. Un crève-cœur. Lui qui avait déjà des convictions fortes sur le bien-être animal et humain, décide de rebondir et de faire table rase. « Je partais de rien, j’ai pu forger mon élevage comme je l’entendais… Enfin, il m’a fallu convaincre les banques, mais aussi les entreprises, qui ont heureusement joué le jeu ». Pas facile en effet d’expliquer le coup de l’aromathérapie. Mais ça ne s’arrête pas là. « Mon idée, c’était de rester en élevage conventionnel de masse, tout en mettant en place des mesures de bon sens. Les cochons bénéficient ainsi du double de surface qui leur est normalement attribué dans leur bâtiment ».

Récupération de chaleur animale

Autre innovation, rendue possible grâce à une start-up brestoise : la récupération de la chaleur générée par les porcs pour chauffer leurs locaux ! « Plutôt que de passer à la production somme toute classique d’énergie, j’ai préféré trouver un système pour redistribuer cette chaleur : les porcs vivent ainsi dans un milieu où la température ne change jamais, ce qui permet aussi d’éviter bon nombre de maladies ».

Des baies vitrées pour les animaux… et les visiteurs !

 S’ils ne sortent pas, pour être exempts de toute maladie, une large baie vitrée leur permet de bénéficier de la lumière du jour… De l’autre côté de la baie, les visiteurs peuvent aussi voir l’envers du décor. «  J’ai même organisé des journées portes-ouvertes pour les voisins, qui n’étaient pas forcément ravis de côtoyer un élevage porcin : après avoir vu par eux-mêmes mon élevage et ses dispositifs, ils sont repartis conquis ».  Certes, sa situation particulière lui a permis de revisiter son métier, mais Sébastien est convaincu que ses méthodes peuvent être partagées et appliquées à bien d‘autres élevages.

Fanny Degorce
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