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Quid de la Bretagne en cas de Frexit ?

En pleine course électorale, Bretagne Bretons est allé à la rencontre de Guillaume Roué, à la présidence de l’Office international de la viande, et lui a demandé de réagir face à un scénario bien précis :

Guillaume Roué, le Frexit, vous y croyez ?

À mon sens c’est un scénario délirant, totalement ubuesque, que je n’ose pas imaginer. Qu’un pays comme la France, qui fait partie des pays socles de l’Union Européenne, se retire, c’est le cœur du réacteur qui saute, le démantèlement programmé de l’Europe. Et-il vraiment nécessaire de revenir dans un état d’esprit fermé dans lequel on n’aime pas ses voisins ? Ça n’est pas cohérent, cela bouleverserait complètement le paysage. Si l’on se base sur les éléments que l’on a sur le Brexit, rien n’est encore concret à part l’article 50, et pour l’instant l’Europe fonctionne encore Outre-Manche… Mais dès l’année prochaine, la donne va changer et le « vous voyez, on se porte aussi bien sans l’Europe », phrase actuellement en vogue chez la Première ministre britannique, risque de basculer. Pour moi c’est surtout de l’enfumage qu’on essaie de faire passer pour la volonté du peuple, et je pense que même si notre prochain président voulait tenter le Frexit ça ne serait pas réalisable.

Quelles seraient les conséquences du Frexit pour la Bretagne ?

Pour ce qui concerne le secteur agroalimentaire, on le sait, la Bretagne est très dépendante du commerce extérieur, puisque l’export représente 80% de notre marché. Dans le cas de la viande porcine, le circuit court ne représente que 7% de nos volumes. On est dans un système où les frontières n’existent pas et, comme tout un chacun, on fait ce qu’on sait faire de mieux. Or nous sommes dans une zone fertile et avons un véritable savoir-faire, la capacité de produire en quantité et qualité, avec des techniques innovantes, là où d’autres régions du monde n’ont ni l’un, ni l’autre. C’est par exemple le cas de la Chine, un véritable El Dorado de l’exportation. Ce marché particulièrement porteur offre depuis l’année dernière de belles perspectives et encore davantage à l’avenir, notamment pour le cochon et le lait, et autant sur les marchés de masse que de luxe. Ce qui nous permet de nous remettre de l’embargo russe, qui, en plus de nous faire passer sous le nez d’énormes marchés, a créé d’importants clivages sociétaux.

Au niveau de la France, un Frexit impliquerait des conséquences administratives importantes avec la remise en place des frontières, des douanes, mais aussi la venue d’une politique agricole de régulation du marché interne, car nous arriverions en excédent de production. Si on se place en plus dans cette optique en tant que Bretons, la situation serait inextricable…

Alors, si on veut être indépendants, est-il vraiment dans notre intérêt de se cloisonner plutôt que de sortir et rentrer, comme nous le faisons actuellement ?

Fanny Degorce
3 Commentaires
  1. arz

    Parce qu’il n’y a pas de frontière ni de douane en Chine ?
    Propos incohérents du début à la fin.

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