PSA. L’accord qui relance l’usine rennaise

Les 3.000 salariés de l’usine PSA de Rennes ont poussé un gros ouf de soulagement. L’annonce faite par le PDG Carlos Tavarès de confier à l’usine bretonne la production d’un nouveau modèle de Crossover Citroën, en 2018, avec 100 millions d’investissements, met fin à quelques mois d’une incertitude qui tournait à l’angoisse. Si ce véhicule était parti ailleurs, c’est probablement l’avenir même de l’usine rennaise, pôle majeur de l’industrie bretonne, qui aurait été sur la sellette. Comment ne pas s’en inquiéter quand on constate que les effectifs y sont passés de 12.000 dans les années les plus fastes à 3.000 seulement en cette année 2016 ? Une division par quatre, sur une vingtaine d’années, plus forte encore que celle enregistrée au plan national où l’effondrement de l’industrie automobile française (constructeurs et sous-traitants) a fait perdre 150.000 emplois depuis l’an 2000.

Entre vieillissement de gammes et modèles trop axés sur le médian, les causes sont multiples mais les coûts de production y tiennent aussi une large part. Surtout dans les premières années 2000 quand Schroeder imposait la compression des salaires dans l’industrie allemande au moment même où la France mettait laborieusement en place les 35 heures en plombant sa compétitivité. Au point même qu’en 2006, le Royaume-Uni repassait devant la France en production automobile pour la première fois depuis 1960. Certes, les principales marques anglaises étaient passés aux mains d’investisseurs étrangers mais au moins, l’emploi y trouvait son compte.

Alors forcément, devant des chiffres aussi abrupts, comment écrire l’avenir ? La direction de Peugeot-Citroën  l’a conditionné à un accord social de gel des salaires sur trois ans. Cela ne peut pas être satisfaisant mais en ces temps de stagnation des rémunérations, les syndicats ont jugé que l’effort demandé était acceptable face à la perspective de regarder cette production partir vers un autre site français, voire à Vigo (Espagne) comme c’était envisagé ou même en Chine. Tous les syndicats rennais ont signé sauf la CGT, restée fidèle à sa ligne de conduite. Celle sur laquelle elle s’arc-boute pour faire échec à l’article 2 de la loi Travail. Ses arguments sont recevables. Mais face à l’effondrement de grands pans de l’industrie française, notamment dans l’automobile, ils sont datés d’un autre âge.

René Perez
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