Produit en Bretagne croit en un fort potentiel de créations d’emplois

La Bretagne est la région française qui a le mieux résisté à la crise. Le poids de l’agroalimentaire a une fois encore fait office de tampon et cet été, même les activités touristiques ont bien tenu la marée sous l’effet du fort attrait de la région et de ses grands espaces en cette période de Covid.

Pour des raisons un peu identiques, la Bretagne est aussi un des territoires à avoir le moins souffert des mouvements de délocalisations d’emplois. Elle est la région française la moins dépendante des investissements étrangers, ce qui limite les dégâts quand les investisseurs décident d’aller voir ailleurs sans le moindre état d’âme puisqu’aucune attache nationale ne vient freiner leur recherche du produit maximum. La structure des entreprises, plutôt de taille moyenne et le nombre de secteurs aux emplois non délocalisables (agriculture, agroalimentaire, tourisme…) expliquent également la raison pour laquelle les délocalisations n’ont pas fortement touché l’économie bretonne. Et lui valent d’être encore aujourd’hui le territoire français le moins impacté par le chômage.

Mais le Covid a tout de même fait des dégâts. « 80 % des entreprises membres de Produit en Bretagne sont durablement affectés par la crise », souligne Loïc Hénaff, président de l’association, indiquant en corollaire le besoin impérieux de la région de muscler son économie. Et pour ce faire, Produit en Bretagne (cinq départements) a commandé une enquête sur le potentiel d’emplois réalisable dans les dix années à venir.

C’est à la société Goodwill Management que le travail de prospective a été confié. Elle a oeuvré en croisant études sectorielles et enquêtes sur le terrain pour dégager tous les domaines d’activité dans lesquels la région a un potentiel de croissance d’emplois. Et ils sont nombreux, à l’image de la diversité des productions en Bretagne. De l’aéronautique à l’informatique en passant par le traitement des déchets, les emballages, les équipements agroalimentaires, les télécoms, l’énergie, les biomatériaux ou encore l’aquaculture, l’étude dégage un large panel de relocations, localisations et extension des activités existantes avec, également, de perspectives prometteuses pour le tourisme qui pourrait voir ses effectifs augmenter de 20.000 personnes avant 2030. Les flux de cet été paradoxal, battant des records dans certains secteurs, en porte témoignage.

Au total, l’étude estime que la Bretagne à cinq a un potentiel de 130.000 emplois d’ici 2030. Le chiffre peut paraître extravagant. Il ne représente pourtant que 6 % de la population active actuelle.

René Perez
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