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Charges sociales : la colère des producteurs de légumes

« La suppression des exonérations de charges sur les travailleurs occasionnels nous pose un très, très grand problème » : dès la première phrase, le ton est donné. Jacques Rouchaussé, président de légumes de France, association spécialisée de la FNSEA, a fait sa rentrée le 4 septembre à la Foire de Châlons en Champagne. L’objet de son courroux : la décision du gouvernement de supprimer, dès le 1 er janvier 2019, le dispositif en vigueur depuis de longues années, qui exonère les employeurs des charges sur les travailleurs saisonniers. Les producteurs de légumes sont furieux.

Inégalité pour les producteurs de légumes de français

Or les maraîchers, comme les arboriculteurs, les viticulteurs, ou les horticulteurs, sont de très grands utilisateurs de saisonniers. « Cette mesure reviendra à augmenter le coût du travail de 190 à 250 euros par saisonnier et par mois » précise le président. Il a rencontré le ministre de l’Agriculture et a évoqué avec lui cette question, en vain : « Je ne peux pas me contenter aujourd’hui d’avoir comme réponse « on va essayer de faire quelque chose » s’insurge-t-il. Et l’annonce du maintien du prélèvement à la source pour l’impôt sur le revenu n’est pas faite pour calmer les producteurs de légumes, car cela va se traduire par une augmentation de « paperasseries ». « Imaginez un maraîcher de la région nantaise qui emploie plus de 1000 saisonniers pendant 10 jours pour la cueillette du muguet. C’est 1000 démarches supplémentaire qu’il faudra faire » explique-t-on à Légumes de France.

Autre motif d’énervement pour les maraîchers de la FNSEA, la pression de plus en plus forte sur l’utilisation des pesticides. Dernière décision en date, l’interdiction des néonicotinoïdes depuis le 1er septembre. De plus en plus de molécules sont retirées du marché, sans que des solutions alternatives soient recherchées. Pire, l’Etat coupe les, modestes, budgets qu’il octroyait à la profession pour financer sa recherche expérimentale. « Et pendant ce temps, des producteurs belges viennent produire des légumes en France en utilisant des produits autorisés en Belgique et interdit chez nous ! » s’indigne Jacques Rouchaussé.

Olivier Masbou - Agence Socopag
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