Présidentielle. La campagne ne sent pas la mer

Jamais on n’a connu une campagne électorale aussi échevelée. Tout va se jouer dans la dernière ligne droite et l’impact probable des débats télévisés. Mais si cette campagne a parfois exhalé de drôles d’odeurs, jusqu’à présent elle ne sent vraiment pas la mer. Certes, quand des candidats poussent jusqu’à la pointe bretonne, il leur faut bien aborder le sujet et lors de son passage à Carhaix, Rama Yade a ainsi évoqué la création d’un Ministère de la mer. Mais elle n’a pas tenu la marée et ne figurera pas sur le quai de départ.

Alors la Fondation de la Mer, créée en juin 2015, a décidé d’interpeller les candidats parmi lesquels pratiquement aucun n’a développé un véritable programme d’économie bleue, exception faite de Jean-Luc Mélenchon. Il est vrai qu’il est parti en campagne bien avant tout le monde et qu’il a donc eu le temps de balayer très large tout le spectre de la thématique électorale.

Cette fondation n’a du reste pas grand mal à mettre en exergue le décalage qu’il y a entre les potentialités maritimes du pays et l’attention que la classe politique leur accorde. Comme si la France était indécrottablement vouée à rester un pays de terriens, encore à l’époque où les monarques ne voyaient pas beaucoup plus loin que que l’horizon de leurs palais royaux quand les Anglais s’en allaient à la conquête de toutes les mers.

Depuis, l’économie maritime est toujours aussi peu ancrée dans le prisme politique hexagonal et elle ne fait d’ailleurs l’objet d’aucun enseignement spécifique à l’ENA, l’école de nos futurs dirigeants. Il faut dire aussi que la presse nationale ne semble pas particulièrement accrocheuse sur le sujet. Et pourtant les constats sont parfois cruels. Avec la deuxième plus grande zone maritime mondiale, la France importe 85 % de ses produits de la mer et Rotterdam, à lui seul, pèse autant que tous les ports français réunis qui, il est vrai, sont plombés par la culture des blocages et des grèves à répétition. La flotte française est actuellement la trentième de la planète et malgré l’immense façade maritime, aucune éolienne marine ne fonctionne encore, contrairement à la plupart des pays du nord de l’Europe. Certes, la construction navale traverse une passe florissante avec le succès des paquebots de Saint-Nazaire ou encore le mirifique contrat de sous-marins signé avec l’Australie. Mais ces performances ne suffisent pas à masquer l’absence d’une politique maritime ambitieuse et résolue. A l’image du quinquennat qui s’achève où l’on a bien entendu parler de déchéance de nationalité que de souffle nouveau dans l’économie bleue.

René Perez
1 Commentaire
  1. feve jp

    Bonjour,
    je vous suggère d’écouter Jean-Marie Bieffe en discussion avec Jean -Luc Mélenchon, vous verrez que celui-ci est le seul qui met l’économie de la mer au centre de son projet.(lien ici: https://www.youtube.com/watch?v=T7b67QCjibc&t=6s )
    Vous me direz qu’un projet n’est qu’une promesse tant qu’il n’est pas réalisé, mais si Mélenchon (dans l’éventualité ou il serait élu) ne tenait pas cet engagement, alors tout son programme s’effondrerait. Je ne peux pas imaginer qu’il puisse en être ainsi.
    Cordialement,
    jp feve

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