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Pré-accord Brexit. Douche écossaise pour les Bretons

Décidément, rien ne sera simple avec le Brexit. Jeudi matin, c’est un bel optimisme qui prévalait dans les milieux bretons alors que Theresa May venait de réussir un beau numéro de trapèze, en arrachant l’adhésion de son gouvernement au pré-accord Brexit. En rencontrant les ministres un par un, elle avait réussi à les convaincre qu’une séparation en douceur était la moins pire des solutions.

Mais dans cette affaire tout va très vite. Quelques heures après, quatre ministres décidaient de démissionner, la fronde se levait du côté du Parlement, les Ecossais reparlaient de référendum et les Nord-Irlandais ne voulaient pas d’un accord qui les laisse sous réglementation européenne pour éviter une nouvelle frontière entre des deux Irlande.

La Grande-Bretagne semblait enfiler le gilet jaune contre ce pré-accord et on ne voyait pas très bien comment Theresa May allait pouvoir se tirer de ce traquenard, au point qu’elle même se montrait à son tour pessimiste sur une adoption de ce pré-accord. Damned !

Pêcheurs en première ligne

En Bretagne, la satisfaction aura donc été de courte durée. Et sait à quel point la région suit à la loupe, l’évolution de négociations cruciales pour d ‘importants secteurs d’activité.

Les pêcheurs en savent quelque chose : s’ils sont évincés des eaux territoriales britanniques, ce sera la double peine pour la pêche hauturière mais aussi la pêche côtière qui verrait refluer la concurrence d’unités pêchant en d’autres eaux. La sortie en douceur , prônée par Theresa May, laisserait au contraire espérer un accord sur la pêche mais qui contiendrait très probablement quelques restrictions pour satisfaire les pêcheurs britanniques, très pro-Brexit.

Mêmes inquiétudes pour l’agroalimentaire breton dont la Grande-Bretagne est un client de premier plan. Voir les barrières douanières se lever et les Britanniques se tourner vers des fournisseurs de leur ex-Commonwealth n‘est pas une simple vue de l’esprit. Sans compter que nombre de petites entreprises bretonnes ne sont pas bien armées pour l’export dans les pays tiers extra-européens, ce que deviendrait la Grande-Bretagne en cas de Brexit dur. Pour l’ensemble de l’agroalimentaire, la sortie en douceur est la seule salutaire.

L’ombre de la livre

Du côté de la Brittany-Ferries, première compagnie française de transports de passagers, on a apprécié la prestation de Theresa May avant de vite déchanter devant la tournure des événements. Quand on sait que le succès de ce fleuron de l’économie bretonne repose sur une clientèle à 80 % britannique, on imagine les sueurs froides que donnerait un Brexit dur.

Quant aux professionnels du tourisme, ils ont pu mesurer dans certains secteurs de la région à quel point la chute de la livre, après le Brexit, a pu peser sur leur niveau d’activité. Seule la sortie en douceur pourrait atténuer le choc alors que le Brexit dur et de nouveaux remous autour de la livre ne feraient qu’accentuer le phénomène, en incitant la clientèle britannique à se tourner plus encore vers les destinations low-cost.

Pierre Vincent
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