Pour l’aquaculture il va falloir ramer

A Boulogne, Manuel Valls vient de présider un comité interministériel consacré à la mer où il a notamment fait le constat d’une impérieuse nécessité de relancer l’aquaculture en France. Les faits parlent pour lui. Dans l’Hexagone, il n’y a pas eu la moindre création de centre d’aquaculture depuis une quinzaine d’années en raison des pressions écologiques. Et le pays importe de grandes quantités de poisson chaque année, la palme revenant de loin au saumon. Il est généralement d’élevage et sa qualité gustative combinée à sa richesse nutritionnelle en font une espèce particulièrement recherchée.

Mais de la bonne intention affichée au passage à l’acte, il va falloir que le Premier ministre annonce quelques mesures incitatives car les investisseurs restent à distance et ne se risquent plus beaucoup sur un secteur aussi exposé au rejet du voisinage. C’est particulièrement vrai en Bretagne où les parcelles de zone littorales disponibles se font rares. Ce qui a donné l’idée à la société Meralliance de lancer, à Tréffiagat (Sud-Finistère) un projet d’élevage de saumons « à terre » pour une ferme pilote qui serait la première en France à fonctionner en circuit fermé. De l’eau de mer pompée et rejetée après traitement, la nourriture du poisson étant essentiellement constituée de sous-produits de la pêche locale et d’algues. Sur le papier, le procédé est séduisant. Pour la mise en œuvre, c’est probablement un peu plus compliqué puisque les échéances annoncées par la société Meralliance au moment du lancement du projet sont aujourd’hui atteintes, sans déploiement des équipements censés produire 800 tonnes de saumon chaque année. Maintenant que la société connaît les intentions du Premier ministre, elle peut s’adresser à lui si elle veut qu’il fasse la courte-échelle à ses saumons.

René Perez
1 Commentaire
  1. Jean R

    Bonjour,
    Un commentaire concernant le projet MerAlliance qui est évoqué. L’entreprise a été rachetée fin 2014 par le groupe Thai Union Frozen qui est spécialisé dans les produits surgelés et de conservation (un des plus grands au monde concernant les produits aquatiques). Cela explique sans doute une pause dans la réflexion à ce projet… certainement de longue durée !

Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider