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Pont-de-Buis. Des millions de déclencheurs d’airbags

Par commodité, on parle d’airbags. Mais il faut dire coussins gonflables quand on évoque ces sacs d’air qui se remplissent à la vitesse de l’éclair en cas de choc. Dans le monde, ils sauvent chaque année des centaines de milliers de vies grâce à une technologie très sophistiquée dont l’usine Livbag, à Pont-de-Buis (Finistère) est l’un des fleurons mondiaux.

Ici, on est dans une commune dont le nom est inscrit depuis des siècles dans l’histoire bretonne des poudres et munitions, notamment pour approvisionner Brest. La création de la poudrerie remonte au XVIIe siècle alors que Pont-de-Buis n’était encore qu’un lieudit et l’histoire contemporaine a été marquée par une dramatique explosion en 1975, qui fit trois morts et 80 blessés.

Reconversion dans l’automobile

Cet accident aurait pu définitivement sceller le destin de ce site mais par un singulier crochet des voies de la reconversion, cette tradition poudrière a valu à Pont-de-Buis de devenir l’un des sites mondiaux de la société suédoise Autolib, leader de la production de sécurité auto. La poudre est en effet l’élément déterminant du processus mis au point pour les véhicules. Il s’agit en l’occurrence d’un petit bloc cylindrique qui sous l’effet du choc, fait chauffer des pastilles de poudre, déclenchant un gaz qui va gonfler instantanément le coussin. Le tout en à peine plus d’un dixième de seconde. Et tous ceux qui ont un jour été ainsi protégés savent à quel point l’habitacle de la voiture sent la poudre…

Un labo de recherche

Ici travaillent environ 750 personnes (parmi lesquels une centaine d’intérimaires) et ils produisent, chaque année, plus de 30 millions de ces petits générateurs de gaz. C’est dire si cette usine, qui a échappé aux affres de la délocalisation, est une importante unité du groupe, dotée également d’un laboratoire de recherche d’où sont sortis des brevets mondiaux qui ont contribué à asseoir un peu plus la notoriété de l’usine finistérienne. On y planche notamment sur la miniaturisation et sur les sciences nouvelles de la sécurité automobile.

Mais l’entreprise a besoin, pour conforter sa position, de pouvoir entreposer plus de matière pyrotechnique. Elle a donc déposé un dossier qui fait l’objet d’une enquête publique, jusqu’à la mi-décembre, car ces nouvelles installations entraînent un classement du type Seveso. En attendant les résultats de cette enquête, la direction de l’usine a indiqué que cette extension et d’autres projets parallèles témoignent de « sa volonté de poursuivre son développement à Pont-de-Buis et de poursuivre ses engagements auprès du personnel comme du territoire sur lequel elle est implantée ».

Pierre Vincent
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