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Polymaris. Un plastique breton 100 % biodégradable

Un plastique biodégradable issu de la mer, tel est le pari que se sont lancé Anthony Le Courtois et Bertrand Thollas, tous deux anciens d’Ifremer. Leur société Polymarys a découvert un micro-organisme qui produit un polyester biodégradable permettant la production du plastique. Une matière de nouveau fantastique ?

En Bretagne, on n’a pas de pétrole, hors Erika exceptionnel, mais on a des idées, et une mer qui recèle de talents insoupçonnés. Anthony Courtois, docteur en sciences de la vie et de la santé et Bertrand Thollas, docteur en chimie organique et analytique ont fait du littoral voisin leur compagnon du quotidien, celui dont ils tirent des micro-organismes capables de tous les miracles.

Collaborations avec Engie et Biotherm

Dès 2008, armés de cotons tiges stériles, ils sont allés racler les roches. Puis c’est en plongeant à quelques mètres de profondeur qu’ils ont collecté un bestiaire microscopique : une collection unique de 1000 micro-organismes. Bon, tout ça faisant un peu philatéliste des hauts fonds, précisons donc tout de suite : c’est fou ce que d’aussi petits organismes peuvent être utiles !

Prenons un exemple : certains des micro-organismes recueillis et identifiés par le tandem sont capables de produire des exopolysaccharides. Il s’agit de molécules de sucre utilisées par l’industrie chimique et cosmétique pour leurs propriétés physico-chimiques et biologiques. Polymaris a ainsi collaboré avec Biotherm et travaille sur le traitement des eaux pour Engie.

Polyester biodégradable

Au sein de cette collection unique, un micro-organisme fait encore plus fort : il produit l’imprononçable polyhydroxyalcanoate (ou PHA pour les intimes), un polyester biodégradable permettant… la production de plastique. L’Océan, première victime du plastique et qui apporterait un début de réponse au fléau d’origine pétrolière, l’histoire est bien emmanchée.

« Le principe de micro-organismes produisant du polyester est connu depuis les années 70 mais jamais une souche n’avait été capable d’en produire autant » affirme Laurent Courtois. Pour autant, les deux hommes ne voient pas dans leur produit une solution pour éradiquer le plastique. « Notre plastique est un nouveau plastique, comme le nylon en fut un par exemple » explique Bertrand Thollas. « Il n’a pas vocation à remplacer tous les plastiques ».

Polymaris possède un autre atout pour réussir là où d’autres ont échoué : une vision industrielle. Ils espèrent que leur produit, plus cher que les plastiques classiques mais plus vertueux, pourra rentrer sur des marchés haut de gamme comme l’aérospatial ou le domaine médical.

Julien Perez
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