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Plan de relance en Bretagne. Comment sont choisies les entreprises bénéficiaires ?

100 milliards d’euros. C’est le montant que le gouvernement veut consacrer au plan de relance, en sortie de crise sanitaire et économique. L’objectif est d’aider des secteurs économiques à rebondir après cet épisode brutal, mais aussi à se relocaliser en France ou encore à verdir leurs activités pour contribuer à freiner le réchauffement climatique.

Distribuer une telle manne financière doit relever d’un invraisemblable casse-tête, d’autant qu’il n’y a pas d’équivalent, dans l’histoire économique du pays, d’une telle distribution de subventions. Comment faire des choix parmi les entreprises, du grand groupe international à la petite boîte de deux salariés ? Les services de l’État s’y sont mis, mais le résultat ne semble pas dégager de véritable choix stratégique si on prend un exemple, celui du Finistère.

Quinze projets, treize communes

Quinze projets ont été à ce jour sélectionnés. Une évidence saute aux yeux : le choix a été fait selon un critère de répartition géographique. Les initiateurs se sont efforcés de ratisser l’ensemble du département pour qu’aucune zone ne soit oubliée. Sur les quinze projets, on trouve treize communes différentes. Les deux grandes villes, Brest (Thalès et Protecno) et Quimper (Cummins filtration et Bonneterie Le Minor) en ont deux chacun pour qu’il n’y ait pas de jaloux. Les treize autres sont Carhaix, Ergué-Gabéric, Landivisiau, Pont-de-Buis, Ploudalmézeau, Plovan, Plouzané, Quimperlé, Rédéné, Le Tréhou et Saint-Evarzec.

Plan de relance pour groupes internationaux

Les entreprises retenues sont classées en deux catégories : indépendance et verdissement. Autrement dit, redonner au pays les moyens de moins dépendre des productions étrangères et aller résolument vers des démarches entrepreneuriales plus écologiques. Mais en vérité, la logique stratégique ne saute pas aux yeux. Surtout quand on remarque d’abord la présence de filiales de grands groupes internationaux comme Autocruise (Plouzané), filiale du groupe allemand ZK, Livbag (Pont-de-Buis) équipementier sécurité automobile d’origine suédoise, Cummins (Quimper) multinationale américaine spécialisée dans les moteurs… Les raisons du choix de ces établissements de multinationales ne sont pas évidents à cerner, d’autant que le soutien financier ne devrait représenter qu’une goutte d’eau pour ces groupes pesant des milliards d’euros. Et on ne parle pas de Thalès, dont les comptes sont dans le vert, et qui bénéficie d’une mesure de “relocalisation” selon la nomenclature du plan de relance.

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On trouve aussi un grand groupe français (les Bluebus de Bolloré à Ergué-Gaberic, photo ci-dessus) et des entreprises créées localement comme Protecno (circuits imprimés à Brest), Epak Sprinter (emballages à St Evarzec), des fabricants de chaudières (Energie transfert thermique à Ploudalmézeau et PDM industrie à Quimperlé), l’entreprise SMV spécialisée dans la viande à Carhaix, une start-up (Foil and co au Tréhou) et même une cidrerie dans le Pays bigouden.

Quand tout cela sera définitif, il faudra que le ministère de l’Économie et la préfecture du Finistère fournissent un peu plus de détails sur cette sélection dont l’éventail hétéroclite et la dimension internationale méritent quelques éclaircissements.

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