Le plaidoyer breton pour l’ouverture des plages

Peut-on rouvrir les plages bretonnes ? Maintenant que la France est colorisée et que la Bretagne s’affiche en vert comme une autorisation d’avancer, elle se demande soudainement pourquoi les grandes étendues sablées seraient plus dangereuses à fréquenter que le métro de Paris ou des parcs et jardins qui seront ouverts au public le 11 mai.

L’objection est fondée, surtout au regard de certaines immenses plages du littoral breton où même un virus aurait du mal à tenir la marée. Et elle a forcément pris du volume quand Loïc Chesnais-Girard, le président du conseil régional, a lui-même pris position via un tweet sans ambiguité : « En Bretagne, les plages sont nos parcs et nos jardins. Je plaide pour que sous la responsabilité des maires nous puissions les rouvrir au plus vite sans prendre de risques pour notre santé ».

Oui mais justement, toutes les plages bretonnes et leurs accès pourraient-ils ainsi être ouverts au public alors que leur implantation et leur taille varient singulièrement ? Peut-on, par exemple, envisager une ouverture de la plage urbaine du Moulin-Blanc à Brest dont le sable et les parkings sont noirs de monde quand le soleil met du sien ? La réponse coule de source tant la distanciation sociale serait vite noyée sous la masse..

La réponse, c’est Dominique Cap, maire de Plougastel-Daoulas et président des maires du Finistère qui l’avance : « Il faudrait que l’ouverture soit la règle et la fermeture l’exception ». Autrement dit, que le gouvernement donne le feu vert et que les maires prononcent d’éventuelles interdictions sur les plages ne présentant pas toutes les garanties, notamment pour leurs zones d’accès. Une pétition a d’ailleurs été lancée ( #RendezNousLaMer) et elle a reçu aussitôt des milliers de signatures en réclamant l’ouverture pour les surfeurs, les nageurs, les joggeurs, les promeneurs…

L’affaire ne semble pourtant pas gagnée d’avance. Interrogé samedi sur la question, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner a répondu sans nuance « Pour l’instant, les plages sont fermées ». Mais c’est le Premier ministre qui a dans les mains le dossier, pas lui. On peut craindre cependant qu’Edouard Philippe réponde que s’il autorise les réouvertures de plages dans les départements verts de Bretagne, il doit en faire autant pour les plages des départements verts de Méditerranée. Et là, on n’est pas dans le même bain de mer. L’étroite bande côtière serait vite envahie pas la foule déconfinée et le virus se retrouverait à la fête. Et s’il fait une différenciation entre départements de même couleur, ce sont les recours en référé devant le Conseil d’État qui risqueraient fort de tomber en rafales.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider