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Pierre Karleskind : « La Région Bretagne soutient la filière pêche et produits de la mer »

Les 8e Assises de la pêche et des produits de la mer se déroulent ces 21 et 22 septembre à Quimper : l’ensemble des acteurs de la filière de la pêche et des produits de la mer s’y réunit pour réfléchir à l’avenir d’un secteur qui représente 7 % du PIB régional. Tour d’horizon des sujets des ateliers avec Pierre Karleskind, septième vice-président chargé de la mer et des infrastructures portuaires, qui intervenait jeudi matin au sujet du renouvellement de la flotte bretonne.

Pierre Karleskind, le GIP, c’est quoi ?

Tout simplement un Groupement d’intérêt public : la région et les départements des Côtes d’Armor et du Finistère se sont réunis pour réfléchir ensemble à l’avenir des ports de pêche de Bretagne. Pourquoi eux ? Ce sont les trois propriétaires des 13 ports de pêche avec une criée en Bretagne. Nous avons fait une analyse très simple : si les ports entrent en concurrence les uns contre les autres, à terme, ils risquent de disparaître, au moins pour certains d’entre eux.

Elle existe, cette concurrence entre les ports ?

Oui, complètement, et pour cause : aujourd’hui un port vit grâce aux bateaux qui y débarquent. Logiquement, plus un port accueille de bateaux, plus il peut financer ses investissements. Il y a donc une concurrence pour essayer de maintenir les bateaux dans les ports, voire d’en attirer d’autres. Concernant cet aspect, notre objectif au sein du GIP est, au lieu de faire des investissements au sein de ces ports, qu’on réfléchisse ensemble à quels investissements faire pour les besoins de la filière, et pas pour maintenir artificiellement des niveaux d’activité dans des ports, ce qui n’a pas de sens.

C’est le seul objectif du GIP ?

Le but Groupement d’Intérêt public est d’organiser les complémentarités entre les ports, de réfléchir à la logistique…. Un exemple : on ne le sait pas forcément mais le poisson fait beaucoup de trajet en camion au sein de la Bretagne : il peut arriver qu’il soit débarqué à Roscoff, vendu dans la criée d’Erquy, puis transformé dans un atelier de mareyage du Guilvinec. Qui dit transfert en camion dit coût supplémentaire. C’est de la perte pure sur le plan logistique. A l’image de cet exemple, il y a tout un tas de sujets sur lesquels on peut avoir un travail de concertation au sein de chaque maillon de la filière.

L’une des problématiques soulevées par ces Assises de la pêche concernant la formation des jeunes et leur installation…

C’est cette fois une question pour le Conseil régional : chaque année, déjà 2,5 millions du budget régional sont investis sur la formation maritime pour accompagner les jeunes qui souhaitent aller dans les filières maritimes. Nous allons continuer, en lien avec les professionnels et l’Etat, à identifier sur quelles formations il faut mettre l’accent. D’ailleurs pour cette rentrée 2017, nous avons ouvert une nouvelle formation sur le métier de filteur.

Quel est le meilleur moyen pour valoriser le produit breton et français ?

Cette valorisation va passer par chaque étape de la filière pêche : quand on vend un poisson sous criée, on le vend sur le principe assez bête et méchant des enchères descendantes et montantes. Et puis derrière on va le transformer. Je disais que le poisson voyage beaucoup en Bretagne : si on arrive à sauter l’étape du transport en camion, c’est déjà de la valeur ajoutée qui va dans les poches de la filière. Valoriser par l’innovation également : comment dans les ateliers de mareyage est-on capable de trouver de nouveaux produits, de nouveaux conditionnements, pour plaire à un consommateur qui en moyenne passe trente-sept secondes devant le rayon marée de sa grande surface ? C’est toutes ces questions sur chaque chainon de la filière qu’il faut se poser.

La région pèsera-t-elle sur la question du Brexit ?

Nous sommes clairement mobilisés sur la question et avons instauré une délégation permanente à Bruxelles avec des gens qui travaillent pour la Région, pour porter les intérêts bretons. Dès que Brexit a été voté, je suis d’ailleurs allé à Bruxelles pour rencontrer le directeur général de la DG Marée pour lui dire que les agents sont à sa disposition pour toute info précise sur les questions bretonnes. Cette démarche a été accueillie positivement et il y a des réunions régulières pour apporter des réponses. Nous sommes donc pleinement mobilisés car potentiellement, c’est la moitié de la pêche bretonne qui est impactée par le Brexit.

Fanny Degorce
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