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Pesticides : le zéro à l’infini

Il fallait oser, Légumes de France l’a fait. La fédération des producteurs de légumes (LDF-membre de la FNSEA) a organisé, dans le cadre de son congrès annuel qui s’est tenu les 16 et 17 novembre à Marseille, un débat intitulé : « Zéro pesticide : utopie ou objectif ? ». Au moins, les producteurs ne fuient pas le débat, alors que Nicolas Hulot veut « programmer (.) la sortie des pesticides et des insecticides ». C’est ce genre de propos qui ont tendance à énerver les maraîchers. Sur ce sujet, « nous n’avons pas besoin d’arbitraire, de dogmatisme » déclare Jacques Rouchaussé, président de LDF qui dénonce « l’écologie punitive ». Le débat a permis de rappeler certaines vérités. Les méthodes alternatives aux traitements chimiques (biocontrôle, robots, lutte biologique,…) existent et se développent.

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Mais quand, après des années de recherches, une solution est trouvée pour éradiquer un prédateur (insecte, chenille,..) ou une maladie, d’autres ravageurs, portés par la mondialisation, arrivent. Et il faut tout recommencer. Quant aux produits phytosanitaires, ils arrivent sur le marché après plus de 10 années de recherche en moyenne, et après avoir été homologués par les agences de sécurité sanitaire européenne et nationales. Mais tous les garde-fous, toutes les précautions semblent vaines. « Le consommateur est égoïste » reconnaît Robert Mondot, de l’UFC Que Choisir. « Il veut manger sain. Il ne connaît pas le producteur. Il voit ce qu’il y a dans son assiette, et c’est tout ».

Les efforts pour réduire ou supprimer les pesticides ont un coût. Mais « le consommateur ne va pas payer plus cher, reconnaît-il. Il va choisir le produit équivalent au prix le plus bas ». Et comme le distributeur continue à négocier la baisse des prix… Bref, le décalage est grand entre les attentes de la société, sa capacité à y faire face et les réalités du terrain. « Est-ce possible demain de fournir 100 % de la consommation de légumes en zéro pesticide. Probablement pas. Après-demain non plus d’ailleurs » conclut Jacques Rouchaussé.

 

 

Olivier Masbou - Agence Socopag
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