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Pêche. La langoustine afflue, le bar reflue

Le bilan global des pêches bretonnes devrait être bon cette année et l’humeur, du côté des pêcheurs, est bien meilleure que chez les agriculteurs bretons. Il faudra attendre décembre pour en juger mais la tendance, jusqu’à présent, est assez bien orientée si l’on se réfère aux apports dans les principaux ports bretons. Mais dans ce panorama, deux espèces emblématiques des côtes bretonnes connaissent des destins diamétralement opposés. La langoustine abonde alors que le bar se fait de plus en plus rare, et pas seulement sur les côtes bretonnes.

Langoustine : +17%

Pour la demoiselle des côtes sud-finistériennes, l’année 2016 sera un grand crû. 2015 avait déjà apporté beaucoup de satisfaction aux professionnels mais l’année en cours mérite déjà d’être classée exceptionnelle, au point qu’en ce mois de septembre les apports restent encore soutenus alors qu’on devrait être dans une phase de décroissance saisonnière.

Sur les huyit premiers mois de l’année, les apports sont en hausse de 17% dans les ports du Guilvinac, Concarneau, Loctudy et Saint-Guénolé alors que l’année 2015 avait déjà été très bonne. C’est dire si les professionnels se frottent les mains en se félicitant d’une mode de gestion de la ressource (pas plus de 300 kilogs par jour et par bateau) qui assure une bonne fluidité du marché et une protection de la ressource qui autorise une pêche lissée sur l’ensemble de l’année. Malgré l’abondance, les prix ne sont jamais tombés au cours plancher tout en restant abordables pour la clientèle qui ne s’est pas privée de chair rose-mayonnaise. Une fluidité vertueuse qui n’a fait que des heureux.

Bar : le blues des pêcheurs

En revanche, l’autre espèce emblématique de la Bretagne laisse les professionnels très inquiets : la bar se fait de plus en plus rare. La tendance s’est accentuée cette année où à Concarneau, par exemple, les apports sont deux fois moindres que ceux de l’an dernier. Les échos sont les mêmes ailleurs, y compris en Normandie, ou les pêcheurs à la ligne et à la traîne ont été reçus par les élus pour envisager des mesures de soutien afin de compenser à la fois la diminution de l’espèce et les restrictions imposées, telle la taille minimum portée à 42 cms dans leur zone.

A quoi fait-il attribuer cette raréfaction du bar ? La température de l’eau, la météo, les courants, la pêche plaisancière ? Toutes les hypothèses sont sur les tables mais il est évident que certaines razzias opérées ces dernières années, à l’époque où les bars se rassemblaient pour pondre, n’ont pas dû contribuer au renouvellement des stocks. D’autant que le bar a une croissance lente : il faut de cinq à sept ans pour qu’il atteigne les 42 cms. C’est peut-être ce qu’il faudra attendre pour les mesures restrictives prises cette année produisent tout leur effet.

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