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La pêche française pas assez compétitive

La pêche française n’est pas assez compétitive sur le plan européen. Ce que l’on savait déjà, notamment au regard de rachats d’armements français par des étrangers, trouve une déclinaison complète et détaillée dans une étude que publie Agrimer.

Certes, depuis cinq ans, la situation a tendance à se stabiliser après une sensible dégradation et sur les quais, la grogne est moins manifeste qu’elle ne le fut parfois naguère. Mais globalement, l’Hexagone malgré ses nombreuses façades maritimes et l’exceptionnelle variété des espèces pêchées, reste à la traîne de concurrents comme le Royaume Uni et l’Espagne dont la politique de pêche repose sur des organisations plus structurées, de meilleurs taux de rentabilité et donc un véritable attrait pour des investisseurs autres que ceux de la filière.

Les chiffres sont éloquents : le déficit français en pêche se monte à 3,7 milliards d’euros et le taux d’autosuffisance n’est que de 26% contre 36% pour la moyenne européenne sur l’ensemble des produits et de 54 contre 77 % pour les produits frais.

Une meilleure organisation collective

L’étude publiée par Agrimer  décrypte la situation de la pêche française et ce document constitue une bonne base de réflexion pour la filière et les pouvoirs publics, tant il aborde toutes les problématiques. Avec au final, une trentaine de recommandations découlant en droite ligne de l’état des lieux et des moyens. Déjà bridée par un coût du travail élevé, handicap commun à toutes les productions de l’Hexagone, la filière pêche souffre également, selon cette étude, de la faiblesse des organisations collectives qui n’ont pas atteint le niveau de celles des milieux agricoles. Il est vrai que l’individualisme est plus patent sur mer que sur terre, ce qui peut parfois expliquer l’insuffisance d’engagement collectif dans la filière mer.

L’étude plaide aussi et surtout pour une modernisation urgente des navires, notamment au niveau de la consommation énergétique qui bride la rentabilité des armements, et pour une meilleure organisation commerciale, à la verticale des ventes mais aussi dans toute la filière de transformation du poisson qui a besoin, elle aussi, d’un nouveau souffle.

Seul ce cercle vertueux d’une maîtrise des coûts et d’une hausse de rentabilité pourra, selon l’étude, attirer des investisseurs d’autant plus espérés que la pêche française est entrée dans une phase de hausse sensible des départs à la retraite.

Pierre Vincent
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