Pêche. Les eaux britanniques seront-elles brexitées ?

Dans le marathon de négociations qui va s’ouvrir entre l’Europe et le Royaume-Uni, les eaux britanniques figureront en première ligne. Elles sont à la fois très poissonneuses, proches des ports français et objet de droits historiques qui pourraient ne pas résister au Brexit. Pour les raisons que l’on devine, ce sont surtout les ports de Boulogne ou Cherbourg qui sont les premiers concernés puisque la part de pêche en eaux britanniques frôle les 70% pour les quais boulonnais. Mais les Bretons aussi ont de légitimes raisons de s’inquiéter, surtout du côté de Lorient où la Scapêche (l’armement d’Intermarché) tire les deux tiers de ses ressources des fonds britanniques.

Certes, l’essentiel de la flotte bretonne vit de la petite pêche. Sur les 1.208 bateaux recensés en 2014 (dernière statistique connue), 78% étaient des côtiers. Mais en convertissant en nombre de marins embarqués, la proportion n’est plus la même. Sur les 5.065 pêcheurs recensés cette année-là, 45% étaient à la petite pêche. Donc 55%, soit environ 3.000 pêcheurs, travaillent en haute mer et pour une bonne part dans les eaux britanniques.

L’inquiétude est toutefois atténuée par deux éléments : les Britanniques ont eux aussi quelques droits historiques dans les eaux françaises comme en baie de Seine pour la coquille saint-jacques, enjeu de face-à-face parfois tendus. Mais surtout, ils vendent beaucoup de produits de la mer en Europe, dont certains qu’ils ne consomment pas et dont ils ne sauraient trop quoi faire s’ils n’étaient pas commercialisés sur le continent tout proche.

Autant dire que les négociations seront serrées et qu’ils pourraient aller jusqu’au bras de fer dans un vaste marchandage incluant tous les échanges commerciaux entre les deux parties. Bon courage à ceux qui devront s’y coller pour boucler tout cela en deux ans !

René Perez
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