Pêche bretonne. Urgent de renouveler la flotte

La pêche bretonne se porte mieux. Les bons apports dans les criées, des cours qui tiennent la marée et des prix bas pour le carburant ont redonné des couleurs à tout le secteur d’activité. Mais pas suffisamment pour dégager une marge confortable, celle qui donne de l’espoir dans l’avenir et l’envie d’investir dans des unités neuves, forcément très coûteuses.

Alors le constat est abrupt : l’an dernier, 57 nouveaux navires ont été mis en exploitation en France pour une flotte totale de 4.000 bateaux. A ce rythme, il faudrait presqu’un siècle pour un renouvellement complet. Et en attendant, la flotte vieillit ou disparaît. La moyenne d’âge des bateaux est de 27 ans et la Bretagne qui comptait 3.000 navires de pêche il y a vingt, n’en exploite plus que 1.300. Avec, à la clef, une équation impitoyable : plus un bateau vieillit, plus il coûte cher en entretien et carburant. Et plus il coûte cher, moins il dégage de marge pour investir dans une nouvelle unité.

Ce cercle vicieux a été l’un des grands sujets évoqués aux Assises de la Mer qui se sont tenues à Quimper où le nécessaire renouvellement de la flotte émarge maintenant au rang des priorités bretonnes. Deux banques régionales (CMB-Arkea et le Crédit maritime) viennent de se rapprocher pour créer un fonds destiné à aider les armateurs à réunir les fonds propres qu’ils doivent présenter pour déclencher l’octroi de prêts à long terme. La Région, elle aussi, en visage de s’y associer et les Chambres de commerce ne resteront probablement pas à l’écart, elles qui sont directement impliquées dans la vie des ports.

Ce soutien financier devrait inciter les armateurs à s’engager plus résolument dans l’urgent renouvellement de la flotte, à condition toutefois que quelques ombres ne viennent pas durablement obscurcir l’horizon. Et en tout premier lieu, le Brexit et la menace de fermeture des eaux britanniques aux navires de pêche européens. Là aussi, la clarification va devenir urgente.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider