Nicolas Vollmer // Creative Common

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Pêche bretonne recrute 500 matelots

Dans les criées, le  poisson est là, les prix et les salaires aussi, mais sur les bateaux de pêche bretons, on ne regarde pas l’avenir avec sérénité. Le métier attire beaucoup moins depuis quelques années malgré des conditions de rémunérations qui se sont nettement améliorées.

Il est vrai que le métier est difficile, ça tout le monde le sait. Mais, en prime, il a traversé quelques années désastreuses avec des retours de marée où le prix du carburant se taillait la part du requin, au point qu’on arriva à quelques situations ubuesques où ce sont les matelots qui devaient payer le patron pour l’aider à couvrir les charges de la marée. Ce fut bien sûr rare mais très médiatisé. Comment voulez-vous, dans ces conditions, faire rêver les jeunes à un métier aussi déglingo ?

Jusqu’à 3.000 euros pour un matelot débutant

Les choses ont changé mais le mal est fait. L’image du métier de marin pêcheur en a pris un coup et le comité régional des pêches doit ramer pour remonter le courant. Car les prévisions sont abruptes : la pêche bretonne va avoir besoin de 500 matelots dans les cinq années qui viennent pour remplacer les départs en retraite. Or ce n’est pas du tout à ce niveau que se profilent les prochaines promotions de lycées maritimes, où guère plus de la moitié des élèves s’orientent vers la pêche. Les autres vont vers la Marine nationale ou des branches annexes.

Le comité régional et les comités régionaux se lancent donc à la pêche au recrutement en multipliant les messages pour reconnaître que le métier est exigeant et qu’il faut « crocher dedans » mais que le renouvellement de la flotte a hissé la mécanique dans le chaîne de travail , que les conditions de remunération sont élevées (entre 2.500 et 3.000 euros pour un matelot débutant) et que les perspectives d’évolution peuvent aller jusqu’à l’acquisition de son propre bateau. Ils faut convaincre et pas seulement les jeunes. Du côté des enseignants ou des conseillers d’orientation il y a aussi du travail à faire pour que le métier soit un peu plus valorisé et pas irrémédiablement voué au recours à des travailleurs étrangers. Ils constituent déjà un tiers environ des matelots recrutés chaque année.

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