Parc marin d'Iroise © Yves Gladu

Parc marin d'Iroise © Yves Gladu

Pêche au bar. Les ligneurs interpellent la grande distribution

Des bars vendus en promotion dans les grandes surfaces, en février et mars, alors que c’est la période du repos biologique permettant à ce poisson-roi de frayer pour se reproduire ! Cette situation est intolérable, juge l’association des pêcheurs-ligneurs de la pointe Bretagne en mettant en cause la pêche industrielle qui fait des razzias alors que de leur côté, ils s’imposent l’inactivité pendant ces deux mois pour respecter la période où les bars se rassemblent pour un rituel multi-millénaire. Celui de la ponte.

 » Des quantités astronomiques « 

D’un tempérament plutôt solitaire et parfois même facétieux, c’est la seule période où ce poisson rejoint des milliers de congénères pour assurer la survie de l’espèce. « C’est pendant ces quelques semaines qu’il est le plus vulnérable, proteste l’association, car il se laisse capturer en quantités astronomiques par des gros chalutiers ou fileyeurs. Ces derniers, ajoute-t-elle, ont littéralement mis à sac les populations de bar en Manche, poussant les ligneurs de la zone à sortir de la pêcherie ou à carrément quitter le métier de pêcheur ».

Et l’association de poursuivre : « En plus d’être une pratique de pêche intolérable, perturbant le frai du poisson, surexploitant une espèce fragile, le poisson qu’ils mettent ensuite sur le marché est de qualité désastreuse et vendu à un prix ridiculement faible, moins de 40% du prix que nous, nous en retirons « .

Les plaisanciers aussi

L’association qui estime que sa technique de pêche « est la plus respectueuse et n’a pas pour objet de faire du volume » a décidé d’interpeller directement la grande distribution en estimant qu’elle se rend complice de la surexploitation de cette espèce. En conséquence, elle appelle les grandes enseignes à refuser de vendre du bar pendant cette période de repos biologique de février et mars.

Il n’y va pas seulement de l’avenir de la pêche côtière mais également de la pêche de loisir. Or les dernières années ont prouvé à quel point la ressource est mal au point, provoquant de la désolation chez les plaisanciers. Eux aussi, au titre de consommateurs, doivent encourager la démarche entreprise par les ligneurs et faire pression pour que le bar ne soit plus en vente pendant cette période.

Les enseignes devraient être ainsi doublement sensibilisées. Et on attend de savoir laquelle sera la première à sortir une pub de saison, très porteuse pour son image : « En février et mars, nous ne vendons pas de bar ! ».

Pierre Vincent
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider