Parc marin d’Iroise. Dix ans sur des flots apaisés

Le Parc marin d’Iroise a fêté ce week-end ses dix ans. Il fut, en 2007, le premier du genre et le prototype à partir duquel huit autres parcs marins ont été créés, ou sont en cours de création, dans les eaux de la métropole et de plusieurs territoires d’outre-mer. Sur un espace marin allant de la pointe du Raz au sud pour s’étendre au nord jusqu’aux parages où gît l’épave de l’Amoco, du côté de Ploudalmézeau, il couvre la plus grande partie de la façade ouest de la Bretagne où son arrivée provoqua de sacrés remous, lié en partie à son appellation. « Parc » n’est sans doute pas la meilleure trouvaille des initiateurs de ce projet, ce mot-là portant en lui des notions de clôture incompatible avec l’espace marin. Il aurait mieux valu parler d’  « aire marine » pour mieux lever les réticences des gens de mer ou du littoral à qui le mot « parc » a fait à peu près le même effet que « centrale nucléaire » du côté de Plogoff.

Sa création n’avait pas empêché les oppositions de se manifester encore résolument pendant quelques années mais aujourd’hui, les flots se sont apaisés sous un ciel redevenu serein. Pêcheurs, marins, plaisanciers, élus et encore plus les écologistes, tous ont compris maintenant qu’il n’y a pas d’avenir sans un souci constant de préservation de l’environnement. Surtout dans un écosystème aussi sensible que la Mer d’Iroise, à la confluence d’énormes masses d’eau dont on sait à quel point elles ont un rôle déterminant, y compris pour le climat.

Au sein du comité de gestion où ils sont tous représentés (bénévolement), ces différentes composantes ont aussi saisi le rôle de cet organisme, même si quelques accrochages se produisent parfois dans un milieu marin où la liberté individuelle est la règle. Mais peut-elle encore être de mise quand on sait à quel point la nature humaine et ses excès peuvent provoquer des dégâts en mer comme sur terre ?

Ce parc aura donc eu le mérite de lancer une véritable cogestion d’un espace marin et de servir de laboratoire pour de nombreuses opérations, comme celles autour de la préservation du bar ou de la relance de l’élevage de langoustes dont les travaux sont suivis par d’autres parcs. On compte de nombreuses réussites mais aussi quelques échecs comme la réimplantation de coquilles saint-jacques en baie de Douarnenez dont les résultats ne sont pas probants à ce jour.

Les craintes émises au départ ont donc été levées : le parc n’est pas un organisme venu mettre la Mer d’Iroise sous cloche et y imposer sa loi. D’ailleurs, il n’a pas de pouvoir de réglementation. On peut d’ailleurs le regretter : s’il avait pu émettre des règles strictes, peut-être aurait-il empêché certaines grandes unités de pêche de venir faire des ravages au moment où les bars se rassemblent pour aller pondre près des côtes de la Mer d’Iroise.

René Perez
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