Crédit photo E.T
de Communication PANORAMAS (WART)

Crédit photo E.T de Communication PANORAMAS (WART)

Panoramas ouvre la saison des festivals en Bretagne

Le printemps est arrivé, et dans sa traîne, suit la longue et belle saison des festivals en Bretagne. Premier des événements majeurs, le festival Panoramas (Pays de Morlaix, 7,8,9 avril) va donner le coup d’envoi des réjouissances musicales. L’association Wart, à peine plus âgée que son événement phare, a su transformer en quelques années la petite fête locale en l’un des plus importants festivals de Bretagne.

De l’électrique à l’éclectisme

Qui aujourd’hui pourrait douter que la Bretagne est LA terre de prédilection de la musique et de la fête dans l’hexagone. Certainement pas les Bretons, qui sans crier tous les ans au « Kokaralur » (une des nombreuses versions de « cocorico » en breton) ont bien conscience de la multitude d’événements musicaux de leur région, ni les longues cohortes provenant de tout le reste de la France. D’abord traditionnel puis rock, le style musical de nos festivals a peu à peu suivi depuis les années 90 un nombre grandissant d’influences telles que la pop, le métal, le hip-hop ou l’électro. C’est inspirés par cette dernière que quatre copains morlaisiens ont décidé d’électriser leur pays il y a maintenant une vingtaine d’années.

A l’époque, le petit groupe s’était vu annuler une soirée qu’il organisait dans une friche industrielle, la préfecture ayant trouvé l’organisation « mal structurée ». Une association est donc créée : Wart (contraction de « war for the art », « Guerre pour l’art » en français). Dans la foulée est décidée la mise en place d’un petit festival dans trois estaminets de Morlaix. Ce sera Panoramas qui, comme son nom l’indique, se veut un cliché contemporain de la scène musicale. Cette première est un succès. Plusieurs artistes des environs dont Ronan Luce dans un de ses tout premiers concerts, attirent les spectateurs et permettent au quatuor de se lancer dans une nouvelle édition plus éclectique.

Second succès, Percubaba, Didier squiban et Yann Fanch Kemeneur entre autres concentrent 5000 personnes à Morlaix. L’évènement prend vite place au parc des expositions, mais des problèmes de budgets combinés à la période de l’année peu propice aux sorties manquent d’écourter la belle histoire. L’équipe revoie sa copie, le festival repart pour ne plus s’arrêter. Les éditions se succèdent, les artistes aussi. M83, les Tambours du Bronx, Wu-Tang Clan ou Alain Bashung, tous dans des genres différents font salles combles. En 2006, suite à un épisode neigeux, Panorama quitte l’hiver pour le printemps.

Dix ans plus tard, Jacques Higelin, Joey Starr, Stromae, Sébastien Tellier, The bloody Beetroots, DJ Shadow ou les Naives New Beaters ont arpenté les scènes du festival qui a attiré près de 27 000 spectateurs et 700 bénévoles dans son dernier opus.

Wart, producteur-tourneur

Mais Wart ce n’est pas que le Panoramas. L’asso trégorroise produit désormais des dizaines de concerts à Morlaix, Brest, Rennes et Paris tout au long de l’année. Parallèlement, forte de l’expérience acquise grâce à son festival, elle organise les tournées d’une cinquantaine de groupes et d’artistes principalement électro et techno, mais aussi rock ou chanson, en France et à l’étranger. Parmi les plus connus on peut citer Popof, Poni Hoax, Sexy Sushi, Salut c’est cool, Naives New Beaters, Rodolf Burger, Jeanne Added ou Rachidaha. Toujours en pleine croissance, la structure compte désormais une dizaine de salariés permanents et une masse salariale de 828. 000 € en y ajoutant les CDD.

A l’aube de sa vingtième année d’existence, Wart n’a plus rien à prouver en ses qualités d’organisateur de producteur ou de tourneur mais continue de se développer et de s’investir. La preuve en est sa dernière ambition en cours de réalisation, le projet SEW, plateforme multi-culturelle en partenariat avec les associations Salamandre (cinéma) et Entresort (théâtre), qui devrait voir le jour en 2018 dans les locaux de l’ancienne fabrique des tabacs de Morlaix, lieu hautement symbolique de la ville. S’implantant hors des frontières de l’hexagone, l’asso conquérante n’en oublie pas pour autant où elle est née.

Alain Vaillant
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