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Du pain sur la planche pour Richard Ferrand

Comme c’était prévisible, Jean-Yves Le Drian et Richard Ferrand, tous deux élus bretons, figurent dans le nouveau gouvernement Macron. Le premier ne rempile pas à la Défense puisqu’il devient ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, le second se voit attribuer le ministère de la Cohésion des Territoires. Gast, petra zo ?  C’est quoi exactement cette fonction qui entre pour la première fois dans l’arborescence ministérielle ?

A vrai dire, les contours ne sont pas définis et Richard Ferrand aura l’occasion rapidement d’en dire plus. Mais de toute évidence, le député de Chateaulin (29) a du pain sur la planche, car il y a non seulement un manque de cohésion entre les territoires mais parfois même des fractures dont cette élection a donné une éloquente illustration. Entre la campagne et les grandes villes, la coloration du vote a été singulièrement contrastée, les suffrages en faveur d’Emmanuel Macron s’imposant largement dans la plupart des coeurs de ville (avec un record provincial à Rennes) alors que les campagnes ont été nettement plus tentées par le vote lepéniste.

C’est le reflet d’un fossé qui s’est creusé entre des centres urbains qui ont domestiqué la révolution numérique et surfent sur une économie nouvelle alors que la campagne souffre de l’affaiblissement de toutes les activités traditionnelles (l’agriculture au premier rang) et de la disparition progressive des services publics. Redonner de la cohésion à cette France à deux vitesses, ce ne sera pas simple.

De la cohésion, il en faut aussi entre les collectivités locales qui gèrent les territoires et dont les compétences n’ont pas été totalement clarifiées dans la réforme territoriale voulue par Hollande et mise en œuvre par la Morlaisienne Marylise Lebranchu, mais qui de toute évidence donne l’impression d’être restée au milieu du gué. Entre les régions et les départements, il reste encore du gras et des doublons à trancher. Mais il faut aussi une nécessaire clarification entre les départements et les quatorze métropoles françaises, dont le statut a été récemment créé et qui vont grignoter certaines des compétences départementales. Brest en fait partie.

Communes et intercommunalités :

encore du boulot ! 

A la base de la pyramide, il reste aussi de la cohésion à insuffler entre les dizaines de milliers de communes françaises et les intercommunalités qui se sont constituées pour peu à peu aboutir à des regroupements indispensables et des économies d’échelle. Ce n’est pas tout à fait ce qui s’est passé, notamment dans la création d’emplois de fonction publique territoriale, ceux créés par les intercommunalités n’étant nullement compensés par des baisses équivalentes dans les communes concernées.

Comment combattre cet empilement ? Par les contraintes financières a déjà répondu l’État, provoquant cette grogne quasi-permanente qui traverse les rangs bien serrés des élus locaux. Et avec la disparition de la taxe d’habitation annoncée par le nouveau Président, ca ne va pas s’arranger.

De la cohésion dans les territoires, il faut effectivement en mettre. Et Richard Ferrand sait d’avance qu’il va descendre en terrain risqué. Les élus locaux ont le cuir épais et l’humeur bougonne, ces temps-ci.

René Perez
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