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#jesuisunehuître. Soutenons nos ostréiculteurs

Bouygues fait des maisons de maçon et des vidéos à la con ! Mais quel est l’olibrius qui a eu l’idée de faire cette pub de Noël pour le groupe Bouygues en mettant l’huître à peu près au niveau du coronavirus. Un truc dangereux à manger parce qu’on tombe malade avec. Cela aurait pu être traité avec légèreté et humour mais en l’occurrence c’est plutôt lourd comme un sac de sable de mer. Et les ostréiculteurs bretons l’ont fait savoir.

Imaginez un groupe en train de préparer un réveillon. On cause, on cause et on entend une première voix qui « Les huîtres je te les déconseille, chaque année il y en a un qui tombe malade ». Bon, ça c’est fait. On se dit que pour une pub pour le réveillon ça démarre fort pour l’ostréiculture hexagonale. Mais comme cela ne suffit pas, le clip s’achève sur l’idiot de service qui vient ajouter la deuxième couche, comme pour s’excuser : « Je n’ai pas ramené d’huîtres, je ne veux pas qu’il y en ait un qui tombe malade ». Tout dans la délicatesse de saison et la créativité sûrement parisienne, bien qu’on n’ait rien contre les Parigots !

Le dépôt de gerbe des ostréiculteurs

Alors forcément, une pub qui assimile aussi lourdement le bouquet d’huîtres et la gerbe du lendemain, ne pouvait pas passer inaperçue auprès des professionnels. Surtout Bretons. Et la réponse n’a pas tardé à Lorient où des ostréiculteurs sont venus déposer un tas de coquilles d’huîtres devant l’entrée d’une agence Bouygues Télécom. Les murs et la vitrine ont aussi été maculés et à première vue, on s’inquiète un peu pour les finances de la maison-mère en se demandant si c’est de la peinture ou du mazout. Mais non, c’est juste de la vase. Ca part avec un simple seau d’eau !

La réaction a, en tous cas, été immédiate. Prenant un peu tardivement conscience de l’énormité de cette assimilation entre produit de la mer et maladie, la direction du groupe a annoncé le retrait sur le champ de cette pub, en présentant ses excuses. Le droit à la caricature existe dans ce pays. Mais quand il peut porter aussi directement atteinte à toute une profession, déjà sérieusement secouée par les fermetures de restaurants et le confinement, on n’est plus dans la simple ironie gratuite. Elle peut avoir un coût.

Du respect de l’huître !

Et puis, y’en a ras la coquille de faire passer l’huître pour une truffe. C’est au contraire un animal très intelligent bien que sans cerveau. Pour se reproduire, elle est capable de changer de sexe quand le courant ne lui apporte pas les spermatozoïdes d’un partenaire qui en pince pour elle. Elle fait sa petite affaire toute seule et hop, roulez jeunesse ! Quand de la vase s’incruste dans son petit intérieur, elle ne la rejette pas à la baille mais la recouvre délicatement de nacre. Quant à l’eau qu’elle filtre pour se nourrir, elle est plus propre en rentrant qu’en sortant. Ce qui est rarement le cas chez nous.

Donc respect pour l’huître qui fait tout cela avec la poignée de neurones dont la nature l’a dotée alors que nous en possédons des milliards ! Et quand on voit ce qu’est capable d’en faire le président de la nation la plus avancée de la planète, on finit par se dire comme le poète : plus je vois les hommes, plus j’aime mon huître.

Alors vous aussi défendez l’huître bretonne avec #jesuisunehuître.

Julien Perez
1 Commentaire
  1. Guerin

    J’aime les huîtres et surtout la Bretagne

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