On sait enfin élever des petites langoustes

Si la coquille saint-jacques est aussi abondante en baie de Saint-Brieuc, elle le doit aux efforts de gestion du stock par les pêcheurs. Mais aussi aux naissains venus d’élevage, autrement dit ces coquilles juvéniles que l’on met à la mer en complément de la reproduction naturelle.

Pourra-t-on en faire bientôt de même avec les langoustes ? L’élevage de cette espèce est une véritable digue devant laquelle bien des chercheurs se sont cassé les dents. Mais les premiers résultats tangibles commencent à poindre. Des chercheurs du centre de recherches corse Stella Mare, émanation du CNES et de l’Université corse, affirment même qu’ils viennent d’obtenir, à ce jour, les meilleurs résultats mondiaux pour l’élevage de petites langoustes en laboratoires.

Pas des milliers, non. A ce jour, c’est en unités qu’on compte les spécimens qui ont réussi à passer en laboratoire du stade larvaire à celui d’une juvénile, déjà bien formée pour affronter la vie périlleuse des bas fonds. La plateforme de recherche corse affirme être à un stade plus avancé que les deux autres laboratoires, japonais et britannique, qui ont revendiqué, eux aussi, la maîtrise de cet élevage. L’enthousiasme est tel qu’au sein de Stella Mare on n’hésite pas à dire qu’on a « touché un Graal de la recherche scientifique ». Et il suffit de voir à quel tarif se négocie généralement la langouste rouge (entre 50 et 100 euros le kilo) pour être assuré que ces travaux de recherche méritent quelques investissements.

Les Corses sont d’autant plus concernés que la langouste est la grande spécialité locale. Elle a représenté jusqu’à 70 % de la pêche professionnelle de l’île. Mais l’espèce disparaît peu à peu et le stock s’épuise. D’où le double intérêt que suscitent localement ces travaux.

Sur la façade atlantique, les chiffres parlent d’eux-mêmes. On en pêchait plus de 1.000 tonnes dans les années 1950, on n’en était plus qu’à 25 tonnes en 2010. Depuis le stock se reconstitue un peu, notamment grâce à des mesures de cantonnements où la langouste est à l’abri des filets.

Reste que les techniques d’élevage sont complexes, ont reconnu les chercheurs de Stella Mare, sans se montrer plus prolixes qu’un pêcheur de homards à qui on demanderait ses coins de pêche. Ils ont surtout insisté sur l’intérêt qu’il y aurait à investir pour que ces premiers résultats puissent un jour déboucher sur un élevage à bien plus grande échelle.

Maxence Perez
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