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Nouveau service communal : la station-service !

On savait que, faute de candidats, des mairies avaient pris en main la réouverture de boulangeries ou alimentations. A Plouray (Morbihan) la commune a décidé de financer l’aménagement d’une station-service pour éviter à ses habitants de courir faire le plein.

La France est championne d’Europe de la densité de grandes surfaces. Elle est aussi celle qui a détruit le plus de stations-service. Leur nombre a été divisé par quatre en trente ans pour tomber à environ 11.000 actuellement, soit 2 stations pour 100 kms2 contre 3,2 en Europe et même 4,2 en Allemagne où la densité d’hypermarchés et grandes surfaces est très inférieure à la France. Le lien de causalité entre ces surfaces commerciales et la disparition des pompes ne fait pas de doute.

Résultat : dans les zones rurales, des secteurs entiers ne possèdent plus de station-service et dans les contrées les plus désertiques du centre de la France, il faut parfois faire trente ou quarante kilomètres pour en trouver une. Autant dire qu’il vaut mieux ne pas oublier de faire le plein.

Station entièrement automatisée

En Bretagne, on n’en est pas tout à fait là. Mais avec la disparition progressive des stations, certains territoires ruraux souffrent de cette désertification qui allonge les distances de la corvée-carburant. C’est le cas à Plouray, commune d’un millier d’habitants dans le Morbihan, où la plus proche station-service se trouve maintenant à quinze kilomètres. Sous l’impulsion du maire, Michel Morvant, la commune devient la première de Bretagne a financer l’aménagement d’une station-service qui ouvrira dans quelques mois. Entièrement automatisée avec station de lavage, de gonflage, de nettoyage… Mais sous l’oeil d’un agent communal qui passera chaque jour vérifier que tout fonctionne bien.

Tout cela a un coût : environ 300.000 euros dont le tiers en subventions publiques. Mais le projet n’a pas suscité d’opposition locale car si on peut se passer de pain ou de raviolis, personne ou presque ne peut maintenant se passer d’essence en zone rurale, d’autant, a promis le maire, que le litre de carburant ne coûtera pas beaucoup plus cher qu’ailleurs.

Cette initiative, on s’en doute, va être suivie de très près par de nombreuses autres communes touchées elles aussi par la désertification des pompes. Et au fil du temps, ça ne va pas s’arranger.

Julien Perez
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