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Requiem pour Notre-Dame-des-Landes

Cette fois, c’est plié. Le nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne sortira pas des cartons où le dossier s’entasse depuis 50 ans tout juste. De Gaulle était encore au pouvoir en cette année 1968 où fut pour la première fois évoquée cette idée d’aéroport. Un demi-siècle plus tard, Emmanuel Macron a décidé d’enterrer le projet car malgré les multiples rencontres organisées ces dernières semaines par son Premier ministre, c’est bien le Président de la République qui a pris la décision. Et sans doute depuis déjà quelques semaines, nonobstant les consultations de dernière ligne droite orchestrées par Edouard Philippe. Du reste, plus il multipliait les rendez-vous avec les porteurs du projet, plus on pensait que c’était cuit pour eux, tant il avait tendance à en faire beaucoup…

Notre-Dame-Des-Landes : un rapport qui pèse

A quoi faut-il attribuer le changement d’opinion du président Macron contredisant ce que le candidat Macron avait dit, en affirmant qu’il respecterait le vote positif des habitants de Loire-Atlantique ? Probablement au rapport remis il y a deux mois par les trois experts nommés sur ce dossier explosif dont la conclusion tenait en peu de mots : il n’y a pas une mais deux solutions envisageables, le nouvel aéroport ou l’agrandissement de l’ancien.

Cette seconde option semble avoir été négligée dans les années qui ont précédé. Raison probable : toutes les études ont été menées ou tout au moins orchestrées par les milieux économiques de Nantes et sa grande région. Or ils sont tous, dans leur quasi-unanimité, favorables au nouvel aéroport. Ils n’ont donc mis aucun zèle pour étudier l’option d’un agrandissement du site actuel et il aura fallu ce rapport pour apprendre que ce n’était pas une simple vue de l’esprit.

Le poids de Nicolas Hulot

Certes, la pression (parfois intolérable) mise par les opposants a sans doute pesé mais on peut penser aussi que la présence de Nicolas Hulot dans ce gouvernement a compté dans le choix final. Le ministre écologiste est la prise la plus médiatique d’Emmanuel Macron et il ne fait pas de doute que Hulot aurait immédiatement démissionné de son poste si la décision avait été inverse, tant il a répété sa ferme opposition. Le Président qui suit ces temps-ci un plan de vol plutôt bien préparé aurait subi de grosses turbulences si Hulot avait décidé de sauter en parachute.

Reste que tout cela ne passera pas comme une lettre à la poste. La riposte des partisans du projet s’annonce virulente, l’évacuation de la zone de Notre-Dame-des-Landes ne sera pas une partie de plaisir et les négociations autour des indemnités à verser à Vinci seront animées.

Mais Macron a répondu à l’attente d’une grande majorité de Français : qu’on prenne enfin une décision ferme et définitive, dans un sens ou dans l’autre. C’est fait. Et c’est plié.

René Perez
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