Capture d’écran (34)

Notre-Dame-des-Landes. Référendum en bout de piste

François Hollande l’a annoncé : un référendum sur Notre-Dame-des-Landes aura lieu cet automne. Il ne sera sans doute pas simple à organiser mais face aux blocages et aux perspectives de nouvelles violences pendant le chantier, cette solution n’est sans doute pas la plus mauvaise.

Tout ça pour ça ! Ceux qui depuis des dizaines d’années assistent aux violentes polémiques sur ce projet d’aéroport dans la campagne nantaise, aux procédures interminables et aux dizaines de recours devant la Justice doivent se dire que c’était bien la peine d’en faire autant si tout doit maintenant se régler sous la forme d’un simple référendum.

Il est sorti du chapeau de François Hollande, jeudi soir, lors de son intervention télévisée mais il est probable que tout cela avait d’abord fait l’objet de grandes discussions avec les Verts entrant au gouvernement et qui depuis, n’ont pas varié d’un pouce sur leur opposition à ce projet. Qui en a avancé la proposition ? François Hollande pour faciliter l’élargissement de son gouvernement ? Les Verts pour condition de leur ralliement ? Aucun d’eux, bien sûr, ne donne la réponse.

Chantier sous haute surveillance

Le principe, c’est l’organisation de cette consultation à l’automne, avant la date officielle de début des travaux. Maintenant que Hollande en a fait l’annonce, personne ne comprendrait que le chantier démarre avant ce référendum. Il devient, du coup, soit l’élément déclencheur des travaux, soit le point final d’un projet depuis trop longtemps sur la table.

Bien sûr, en ces temps de contestation généralisée et de stratégie brouillonne du côté de l’Elysée (et pas seulement pour la déchéance de nationalité !), il est de bon ton de tourner en dérision tout ce qui vient de François Hollande. Mais en l’occurrence, on se demande si ce n’est pas la bonne et unique clef pour tenter de débloquer une situation tendue à l’extrême. Avec une question simple : pour ou contre cet aéroport ?

Imaginons que le chantier démarre en octobre prochain, comme prévu. Dans quelle ambiance va-t-il se dérouler ? Les engins comme les hommes devront faire l’objet d’une protection constante et rapprochée sur l’immense terre-plein. Cela supposerait la présence permanente sur le site de plusieurs centaines de membres des forces de l’ordre pour une surveillance 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, pour contrer d’éventuelles manifestations, voire même des sabotages. Certains éléments extrémistes ont déjà fait la preuve de leur compétence dans ce domaine. Peut-on sérieusement envisager, surtout en ces temps d’état d’urgence, de mobiliser pendant trois ou quatre ans plusieurs centaines de gendarmes mobiles et CRS s’en allant régulièrement contrer des manifestations sur le site ?

Pas simple à organiser

Alors, un référendum ? C’est peut-être par là qu’il aurait fallu commencer, il y un quelques années. Du moins depuis mars 2003, date à laquelle ont été créés ces référendums d’initiative locale. Un projet d’une telle envergure mérite une consultation populaire. Et même si elle arrive en bout de piste de la réflexion lancée depuis une cinquantaine d’années, elle aura le mérite d’apporter une clarification dont les Verts du gouvernement semblent décidés à admettre le principe.

« Mais si on fait un référendum pour un tel projet pourquoi ne le ferait-on pas pour d’autres ? ». ont objecté bien des voix depuis cette annonce. Bonne question ! Alors chiche, que l’on multiplie ces consultations populaires pour tous les grands projets régionaux puisque notre République est plus portée sur la confrontation que sur le consensus. Le référendum, comme chez les Suisses, serait la meilleure opportunité de faire tomber ou de contourner tous ces blocages qui affectent la vie publique de notre territoire ataviquement contestataire. Et personne, dans ce cas, ne pourrait venir parler de déni de démocratie.

Alors va pour le référendum à Notre-Dame-des-Landes. Ce projet d’envergure mérite bien une large consultation populaire même si on sait, d’ores et déjà, que les modalités de son organisation et de son périmètre vont générer un flot de contestations…

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider