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Mais comment est né Produit en Bretagne ?

Produit en Bretagne fête ses 25 ans. Pionnier français du marketing territorial, l’association compte aujourd’hui 400 entreprises adhérentes dans les cinq départements de la Bretagne historique, totalisant plus de 100.000 emplois. Un succès indéniable, assis sur la très forte identité bretonne qui s’est avéré, au fil des ans, un très bon vecteur de vente pour les entreprises rejoignant le mouvement. La Bretagne constituait un terroir idéal pour une telle initiative qui aurait probablement eu plus de mal à prospérer dans certaines autres régions. « Produit en Franche-Comté », ça sonne forcément moins bien.

Le petit phare jaune, emblème de la marque, s’est alors mis à fleurir mais pas à n’importe quelle condition car l’association a des critères de sélection stricts et bien des entreprises candidates n’ont pu passer le seuil de ce groupement, depuis sa création en 1993.

Réseau nord-finistérien

Mais comment est né Produit en Bretagne ? Pas dans une grande assemblée constitutive. Non, ce fut bien plus discret, dans des réunions où les participants se comptaient parfois sur les doigts d’une main. On est alors en 1992 et c’est dans le Nord-Finistère que les premiers contacts se nouent entre quelques dirigeants d’entreprises, à l’initiative notamment du journal Le Télégramme, de son Pdg Jean-Pierre Coudurier et de son directeur délégué, Jean-Yves Chalm. Autour d’eux viennent peu à peu s’agréger le CMB, les Centres Leclerc, Even, Saveol…

Ces sociétés du Nord-Finistère partagent la même inquiétude alors que le contexte économique devient de plus en plus pesant. On commence à entendre des mots nouveaux comme désindustrialisation ou délocalisation et un événement local va jouer dans la création de l’association : la reprise du groupe brestois Rallye par le groupe Casino et son Pdg, Jean-Charles Naouri, ex-directeur de cabinet du ministre Pierre Bérégovoy (futur Premier ministre), énarque reconverti dans la grande distribution où il fera fortune.

Rallye, c’est un fleuron de l’économie bretonne et un gros pourvoyeur d’emplois, notamment dans la région brestoise. Qu’il tombe ainsi dans le giron du groupe stéphanois Casino va douloureusement résonner dans les milieux économiques de la pointe bretonne. La fierté en prend un coup mais en prime, il s’avère assez rapidement que Casino ne poursuivra pas la politique en faveur des fournisseurs bretons menée alors par la famille Cam, à la tête du groupe Rallye. Au contraire, des entreprises agroalimentaires bretonnes sont évincées au profit de concurrents du Sud-Est.

L’épisode est aujourd’hui oublié. Mais la reprise de Rallye a pesé de tout son poids quand l’association « Certifié Bretagne » nait en 1993 derrière le slogan « Vos achats sont vos emplois ». Elle va vite changer de nom pour devenir « Produit en Bretagne ». Et un quart de siècle plus tard, elle a largement dépassé les espérances de ses premiers pères.

Bretagne Bretons
2 Commentaires
  1. Bernard HOMMERIE

    il est à noter que la création de « Produit en Bretagne » au début des années 90 arrive quelques années après
    une action menée par Danièle Novello-Floc’hlay.
    Celle-ci avait rallié avec un certains succès quelques entrepreneurs bretons autour du Logo  » MADE EN BREIZH ».
    Si l’initiative n’avait pu perdurer dans le temps, l’idée avait été néanmoins fortement médiatisée.
    Danièle Novello-Floc’hlay avait eu raison trop vite mais l’important est que l’idée
    ait pu renaître sous une autre forme et avoir le succès que l’on connaît.

    Ronan Le Coadic dans son livre L’Identité bretonne en parle ainsi.

    Au début des années 1980, la Finistérienne Danièle Floc’hlay a lancé l’association Made in Breizh dans le but de renforcer l’identité bretonne par le biais de l’économie. Entrées dans l’association, des entreprises comme Brittany Ferries, Brit Air ou les transports Le Calvez ont apposé le logo « Made in Breizh » sur leurs produits ou moyens de transport. À l’époque, cette stratégie de marketing en forme de référence à la région était nouvelle et a suscité beaucoup d’intérêt.

    Références : Le Coadic Ronan, L’Identité bretonne, Rennes, Terre de Brume Editions/Presses Universitaires de Rennes, 1998, p. 234.
    Les Archives « Made in Breizh » ont été déposées à l’UBO à Brest.

  2. Yvon ROLLAND

    Ça existe, ces décalcomanies, « tatoo », tatouages temporaires… « Produit en Bretagne » ???
    J’en veux !

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