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Faut-il limiter la vitesse des navires pour réduire la pollution de l’air ?

Chaque jour, le rail d’Ouessant voit passer 150 navires. Depuis des décennies, c’est la crainte d’un accident et d’une nouvelle marée noire qui inquiète les Bretons. Mais depuis peu, dans la sillage du réchauffement climatique, c’est une autre préoccupation qui s’est fait jour : ces navires sont de gros pollueurs de l’air qui dégagent des gaz à effet de serre .

D’où la proposition qu’Emmanuel Macron vient de mettre sur la table du G7 à Biarritz : limiter la vitesse des navires pour réduire la pollution. Aucune décision n’a été prise par le G7 mais l’idée n’a pas soulevé d’opposition, ce qui est déjà une première avancée quand le président Trump est autour de la table.

Les bateaux de croisière aussi

En l’occurrence, les navires de transports de marchandises ne sont pas les seuls dans le collimateur ; Les navires de croisière dont le nombre s’est multiplié, sont eux également en butte aux populations des villes où il font escale. Eux aussi ont des taux de pollution qui peuvent être supérieurs à ceux d’un million de voitures et dans certaines villes-escales, on les accueille désormais avec moins de flonflons sur les quais.

Il est vrai que comme les cargos et les porte-conteneurs, les navires de croisière utilisent un carburant encore plus repoussant que l’huile de friture dans un moteur de voiture. C’est une sorte de résidus de raffinage, visqueux, épais, difficile à brûler, avec du souffre et du métal dans ses composants… Bref, un vrai poison relâché dans l’atmosphère.

Jusqu’à 27 % d’économies de fuel

Côté pile, le tableau n’est pas réjouissant. Côté face, il est plus acceptable quand on sait qu’à la tonne de marchandise transportée, le maritime est moins polluant que le transport aérien ou routier. Du côté des professionnels, on ne semble pas soulever d’opposition frontale, d’autant que des mesures un peu similaires de réduction de vitesse avaient été prises après la crise de 2008 et que le temps perdu serait en partie compensé par des économies de carburant.

Alors, combien peut-on escompter ? Les estimations varient quelque peu selon les sources. Ici, on indique qu’une réduction de 10 % de la vitesse donnerait 12 % de carburant en moins. Là on calcule que 12 % de vitesse en moins pourrait aller jusqu’à 27 % d’économies. Et avec les satellites, inutile d’installer des radars. La vitesses des navires est maintenant aisée à suivre.

« Moins de cargos » disent les défenseurs de l’environnement

La mesure ne pourrait bien sûr pas s’appliquer à certains transports de denrées périssables qui ne tolèrent pas les retards. Il faudrait donc des exceptions mais on imagine ce que cela peut donner. Suffira-t-il de deux conteneurs de denrées périssables pour qu’un porte conteneurs avec 8.000 autres boites puisse mettre plein gaz ?

Du côté des défenseurs de l’environnement, on considère que tout ceci est dérisoire. Ce qu’il faut, disent-ils, c’est que les navires utilisent des carburants moins sales, qu’on revoie la technologie des moteurs et qu’on pousse vers les énergies renouvelables, notamment les cargos à voile. Et globalement, disent-ils, il faut réduire le nombre de cargos sur les eaux du globe. Ils sont passés de 86.000 en 2013 à 94.000 en 2018. « Ca ne peut pas continuer comme ça ! ».

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