Nautic. Le bateau électrique a le vent en poupe

Le salon nautique 2017 qui vient de s’achever à Paris aura été marqué par un net regain d’optimisme mais aussi par la place occupée par les énergies renouvelables dans la navigation de plaisance. Alors que l’automobile semble avoir enfin pris son rythme de croisière, le bateau reste à la traîne, très dépendant des recherches justement effectuées dans le domaine des batteries pour l’automobile ou des transports en commun. Le créneau est encore trop étroit pour susciter d’importants programmes de recherches et développement spécifique.

Mais sous la pression des contraintes environnementales, le secteur est en plein essor et l’avenir est devant lui. Le rechauffement climatique, la pollution des eaux, les odeurs de gaz d’échappement, le transport des bidons ou le plein à faire à quai sont autant d’incitations à passer au moteur électrique comme l’automobile est en train de le faire. De façon même assez spectaculaire à en croire les dates-butoir imposées par nombre d’Etats pour la fin programmé du moteur à essence sur leur sol.

Mais si l’impulsion est bien donnée, la généralisation du bateau électrique n’est pas encore pour tout de suite. Sa présence est de plus plus marquée, sur les eaux fluviales, pour le transports de passagers sur de courtes distances ou sur des espaces sensibles, pour la nautisme de plaisance sur des eaux paisibles et peu étendues. Mais quand on passe en mer, c’est un autre paire de manches car il faut coupler puissance du moteur et autonomie des batteries, ce qui n’est pas encore suffisamment probant pour parvenir convaincre les acheteurs.

Alors comme pour l’automobile, c’est la solution hybride qui pour l’instant tient la corde. Combiner moteurs électrique et thermique, le premier pour effectuer des parcours, le second quand il faut solliciter de la puissance. Et bien sûr, en Bretagne, on ne pense pas seulement plaisance mais secteur de la pêche, fortement dépendante des cours du carburant. Ils sont actuellement à un niveau supportable mais quand le pétrole se met à flamber, la part du carburant peut représenter jusqu’à un tiers des dépenses d’un navire et même aboutir à l’aberration économique des feuilles de paye négative.

Alors le bateau de pêche hybride est sûrement pour demain. Mais le couplage thermique-électrique aura face à lui l’autre hybridation déjà en phase de développement avancée : essence et hydrogène. Les Bretons suivent de près toutes les expérimentations. Mais il faudra encore des années avant une véritable entrée en exploitation de ces énergies renouvelables.

René Perez
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