Municipales en Bretagne. Ça va décoiffer !

Le décision du maire de Quimper, Ludovic Jolivet, de quitter Les Républicains a fait du bruit, juste après la déconfiture de la droite aux européennes. Mais avant cela, les maires de Morlaix et Vannes, Agnès Lebrun et David Robo avaient déjà pris leurs distances avec cette formation, comme un prémisse au séisme qui vient de secouer la droite, provoquant même la démission de Laurent Wauquiez.

Et à gauche, ce n’est pas mieux. Ici aussi des élus bretons ont quitté le PS et s’il n’y a pas eu de claquement de porte brutal depuis les européennes, on peut s’attendre à des défections dans les mois qui viennent, après la stratégie craintive d’une formation qui n’a rien trouvé de mieux que de se ranger derrière Raphaël Glucksman, faute de trouver une tête de liste pour aller au charbon. Là aussi, l’épisode va laisser des traces et il ne faudra sans pas attendre longtemps pour voir Jean-Yves Le Drian, ambassadeur de la majorité, entrer en action et venir parler aux oreilles d’élus bretons déboussolés et en quête de nouveaux horizons.

On se retrouve aujourd’hui devant une situation totalement inédite sous la Ve République : les deux partis qui tiennent les rênes de la plupart des grandes communes bretonnes ont totalisé à peine 15 % des voix à elles deux. 7,8 % pour Les Républicains, 7,5 % pour le PS glucksmanisé. La droite et la gauche chancelantes s’avancent vers les municipales avec un déambulateur.

A l’inverse, aussi incroyable que cela puisse paraître, les trois formations arrivées en tête en Bretagne ne dirigent encore aucune ville bretonne. LREM (25,6%) n’existait pas aux dernières municipales, le RN (17,3%) n’a encore rien conquis faute de pouvoir faire des alliances de second tour et Europe-Ecologie (16,2%) n’a pas obtenu de scores suffisants pour conduire des alliances aux municipales. Près de 60 % des votes exprimés n’ont pas de maires à la couleur de leur bulletin. Du jamais vu !

C’est dire si le séisme de la présidentielle de 2017 provoque des répliques en Bretagne. Et cela annonce un scénario décoiffant pour les dix mois qui nous séparent des municipales. Contrairement aux habitudes, ce ne sont pas les états majors des grandes formations classiques de gauche et de droite qui vont pouvoir donner des consignes pour ces municipales. Ils ne sont pas en état de le faire. Et c’est donc au niveau de chaque commune que le sort en décidera, à coup d’alliances locales et de rapprochements où, là encore, on devrait connaître des situations inédites.

René Perez
1 Commentaire
  1. Le Nen

    Pas si sûr que Le Drian soit très attendu à gauche. Dans les Côtes d Armor où il a tenté d organiser une réunion il n a pas connu un franc succès d adhésion et ce sont surtout les élus flirtant avec le LEREM qui le suivent.

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