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Morbihan. Pas d’éoliennes en forêt de Lanouée

Le tribunal administratif de Rennes vient d’annuler le permis de construire de 16 éoliennes en forêt de Lanouée, située essentiellement dans le Morbihan, avec un petit prolongement en Côtes-d’Armor. Ce massif forestier est le second de Bretagne après la célèbre forêt de Paimpont et la décision de cette instance (susceptible d’appel) a une très forte portée symbolique car le tribunal a fait passer le préjudice écologique avant la performance économique de ce parc éolien.

Ces seize éoliennes seraient d’une puissance cumulée de 50 mégawatts, ce qui correspond approximativement à 3 mgw par turbine, alors que certaines éoliennes de première génération, encore en cours de fonctionnement, produisent guère plus d’un demi-mégawatt.

Forêt achetée par le groupe Louis-Dreyfus

Le rendement économique n’est pas contestable mais selon le tribunal, il pèse moins que le préjudice que subirait cette forêt, acquise par le groupe privé Louis-Dreyfus, il y a une dizaine d’années, sous couvert d’exploitation forestière. Mais depuis, les choses ont évolué et c’est bien un permis de construire de 16 éoliennes qui a été accordé en 2014, par la Préfecture du Morbihan, au bénéfice de la société Les Moulins de Lohan, filiale du groupe canadien Boralex.

La taille de ces machines est à la mesure de leur puissance : les plus hautes cumuleraient à 185 mètres de hauteur (un immeuble de près de 50 étages). Ce sont ces dimensions hors-normes dans une forêt remarquable qui ont conduit le tribunal à rejeter le permis, la richesse écologique étant selon lui percutée par la taille du projet.

Projet « hors d’échelle »

Qu’il s’agisse d’atteinte irrémédiable au site, de réservoir de biodiversité ou encore de protection d’espèces protégées, le tribunal estime que ce projet est « hors d’échelle », d’autant plus, remarque-t-il, qu’une cinquantaine d’éoliennes sont déjà en activité à proximité de ce site.

Le tribunal rennais a donc décidé l’annulation du permis qui avait déjà fait l’objet d’une suspension, en mai dernier, par le juge des référés, agissant en procédure d’urgence, alors que des premiers travaux de défrichement étaient déjà en cours.

Pierre Vincent
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