photototo

Moins de Bretons. Une première depuis deux siècles !

Il faut pratiquement remonter à la Révolution pour voir une telle inversion démographique : l’an dernier, en Bretagne, il y a eu moins de naissances que de décès. Depuis deux siècles en effet, selon l’Insee, on n’avait pas vu une telle situation mais ce n’est pas réellement une surprise. On s’y attendait car elle est liée à un effet de ciseau reflétant deux tendances structurelles : d’un côté la baisse du nombre de naissances et de l’autre, l’arrivée dans le grand âge des ex-baby-boomers, cette génération d’après-guerre qui avait fortement repeuplé le pays.

Le solde naturel breton est donc négatif, ce qui ne signifie pas pour autant que la région se dépeuple. Au contraire, sa population augmente en moyenne de 0,6% par an depuis 2008, soit environ 20.000 habitants de plus par an, hausse supérieure à la moyenne nationale (+0,5%). Elle est liée au solde migratoire qui, lui, est positif puisque la Bretagne accueille de plus en plus de nouveaux résidents, notamment des retraités. C’est la deuxième région la plus recherchée, après PACA, pour y couler les jours paisibles de la retraite.

On assiste donc, pour la première fois, au phénomène inverse de celui que l’on a longtemps connu lorsque la Bretagne connaissait un solde naturel très élevé (beaucoup d’enfants par famille) et un solde migratoire très déficitaire puisque nombre de Bretons s’exilaient, notamment vers la capitale. Aujourd’hui, c’est l’inverse : le solde naturel est négatif et le solde migratoire positif. Bécassine n’en croirait pas ses oreilles.

En attendant les cigognes…

Dans les chiffres, la population bretonne (Finistère, Côtes-d’Armor, Morbihan et Ille-et-Vilaine) se situe à 3.294.300 habitants au 1er janvier 2015, selon le recensement de l’Insee. 33.000 bébés sont nés en 2015 ( soit 1.200 de moins que l’année précédente), mouvement observé en France depuis 2010 mais plus marqué en Bretagne, selon l’Insee. Le nombre de femmes en âge de procréer (25 à 39 ans est la tranche d’âge la plus féconde) a diminué de 11.000 entre 2009 et 2014, ce qui explique en partie l’inversion du solde naturel breton.

Selon les statistiques de l’Insee, l’âge moyen des femmes accouchant est passé de 26,2 ans en 1975 à 29,2 ans en 1995 et 30,6 ans en 2015, avec un taux de fécondité, en Bretagne, de 1,93 enfant par femme, en dessous de la moyenne métropolitaine.

Reste une question : la crise peut-elle expliquer cette baisse du nombre de naissances ? Selon les spécialistes, les crises économiques ont tendance à retarder les premières naissances mais la reprise se manifeste dans les années suivant la crise. Autrement dit, en France, le passage des cigognes devient lui aussi un indicateur économique …

Bretagne Bretons
2 Commentaires
  1. Jérémie David

    Quid du solde avec la Loire-Atlantique ?

  2. Bleiz

    Article intéressant, merci. Dommage qu’il manque près de 29 % de la population bretonne dans l’analyse !

Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider