Evoluion du nombre de bistrots entre 1987 et 2014 Dataspot // Le télégramme

Evoluion du nombre de bistrots entre 1987 et 2014 Dataspot // Le télégramme

Moins de bistrots, plus de bitures ?

Dans les années 1900, on comptait plus de 1.000 bistrots à Brest. Chaque commerce, ou presque, avait son bar attenant et il y en trouvait à tous les coins de rues. Aujourd’hui, il en reste environ 150.

C’est peu dire que le bistrot, le bar, le café, le débit de boisson, l’estaminet, le troquet, le rade et autres qualificatifs fleuris a connu une décroissance constante, avec parfois des périodes d’accélération. En trente ans, en Bretagne, leur nombre a été purement et simplement divisé par deux. On en comptait 7.000 en 1987 contre 3.500 en 2014.

Ce chiffre et bien d’autres figurent dans une étude intéressante et très documentée, publiée par le site du Télégramme, qui s’est penché sur un phénomène particulièrement visible en Bretagne, région connue pour l’abondance de ses établissements et où la décroissance est d’autant plus spectaculaire.

Binge drinking

Les statistiques sont éloquentes et les causes multiples. Tout s’est conjugué, au fil des ans, pour torpiller la licence IV : des réglementations de plus en plus draconiennes sur la tenue des établissements et la publicité pour l’alcool, la multiplication des contrôles sur les routes et des fermetures administratives, l’interdiction de fumer dans les bars… Difficile de résister à une telle pression qui a mis à mal un réseau où on ne vendait pas que de l’alcool. Le bistrot c’est un lieu de vie et d’échanges, un espace de convivialité où on refait le monde, à condition bien sûr de savoir jouer de la modération dans la consommation comme dans l’horaire.

Et si le but recherché par cette pression sur les bistrots est bien la baisse de la consommation, il n’est pas sûr du tout que l’objectif soit atteint. La diminution progressive du nombre de bars n’a pas fait baisser la consommation tant il est aisé aujourd’hui, de trouver de l’alcool à portée de main. Les rayons spécialisés dans les grandes surfaces n’ont fait que croître au fil des ans et on sait que chez les jeunes, la biture-express (ou binge drinking, comme on dit de nos jours) dépasse ce qu’on a pu connaître dans des bistrots. C ‘est du brutal ! Elle se pratique en groupes et de plus en plus à la maison où Facebook a remplacé les conversations du café du Commerce. Pour la boisson, suffit de se servir et une statistique suffit à cerner le phénomène : en 1960, la moitié de l’alcool vendu en Franc était servie dans des bars. Aujourd’hui, ce n’est plus que 10%.

Mais après la décroissance du nombre de bistrots, la tendance commencerait-elle à s’inverser ? Selon l’Agence France Entrepreneurs, les créations d’établissements sont reparties à la hausse depuis quelques années. 2.091 en France en 2013, 3.118 en 2014, 3.704 en 2015… Mais le bistrot à la papa a vécu. Aujourd’hui, on ouvre des bars à thèmes, des bistrots-librairie, des cafés multifonctions avec poste ou épicerie incluses… Les candidats à une ouverture savent qu’aujourd’hui, un bistrot ne peut plus être seulement un débit de boisson.

Pierre Vincent
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