La météo bretonne protège du tourisme de masse

Les deux événements ne sont pas liés. Mais l’attentat de Barcelone a braqué les projecteurs sur un phénomène nouveau dont cette ville est devenue le symbole européen : le rejet du tourisme de masse. La cité espagnole était déjà quelque peu étranglée par le flot des visiteurs et la montée soudaine de l’ubérisation a rapidement fait déborder le vase. Des milliers de logements se sont retrouvés livrés à la location à la semaine, ouvrant un peu plus grande les portes à un tourisme anarchique, étranglant le centre-ville comme la vie de milliers d’immeubles en feria quasi-permanente.

Dans le sillage de Barcelone, d’autres grands sites touristiques sont aussitôt apparus sur la liste grise du rejet du tourisme de masse : Venise, Dubrovnik, les Baléares… Et au Pays Basque, une manifestation a prouvé que le phénomène gagne aussi la France puisqu’on y a vu fleurir des slogans hostiles comme « Parisien dégage, tu as Paris-plage ». La rime est riche.

La Bretagne, pour l’instant, n’est pas touchée. Il est vrai qu’elle a, dans son arsenal, l’arme la plus efficace contre le tourisme de masse : une météo sélective. C’est la meilleure des parades contre le tourisme balnéaire horizontal, essentiellement constitué de grillades sur les plages, assaisonnées à la crème solaire. Un coup côté pile, un coup côté face, et les gamins allez jouer plus loin ! L’esprit très facétieux de la météo bretonne est un écran total contre cette tendance qui peut générer les pires dérives du tourisme. Du moins pour l’instant. Car si les prévisions sur le réchauffement climatique se confirment, la tendance pourrait diamétralement s’inverser.

La situation bretonne tient aussi à la résistance de la région au bétonnage de ses côtes. Certains élus ont certes eu la main un peu lourde mais globalement le littoral breton a été à peu près protégé et les communes ont réussi à se préserver tout à la fois du béton armé et du camping sauvage qui, dans les années 70-80, faisait des dégâts sur des sites naturels sensibles. La loi et les arrêtés municipaux ont remis de l’ordre, freinant ainsi tous les rejets que le tourisme peut susciter.

Mais la région n’est pas pour autant à l’abri. A La Baule, la commune a enfin fait plier Airbnb qui va devoir collecter la taxe de séjour au profit des finances locales. Un épisode qui vient de faire découvrir la réalité des chiffres : dans cette station balnéaire d’environ 16.000 habitants, 890 propriétaires ont mis leur logement à louer sur Airbnb. Ce n’est pas Barcelone mais ce n’est plus tout à fait Le-Baule-les-Pins.

René Perez
2 Commentaires
  1. Cormeray Patrick

    Merci pour cet article très intéressant En Bretagne le soleil se trouve aussi dans le coeur de ses habitants .Soyez préservés de ce tourisme de masse le plus longtemps possible

    • Guy-Christopher Coppel

      Barcelone, n’est pas une « cité espagnole », s’il vous plait!…Si même sur ce site on ne sait pas reconnaitre la Catalogne, ce media Breton n’a rien a envier à la pensée et aux mauvaises habitudes jacobines…

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