l'alarmante situation bretonne

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Si elle n’est pas qualifiée de cancer du bâtiment, on désigne la mérule comme la lèpre, le choléra, bref, du redoutable. Bien que le qualificatif de pleureuse vienne du fait que la mérule expulse des larmes colorées, la mérule pleureuse porte autrement bien son nom: une calamité pour bon nombre de propriétaires bretons, de loin les plus touchés par le champignon lignivore.

Humidité et isolation: le mauvais combo

La mérule pleureuse (Serpula lacrymans, en latin) est littéralement en train de gangréner le territoire de la Bretagne, touchant plus particulièrement le Finistère, le Morbihan, et les Côtes-d’Armor. Le champignon dévore les maisons au risque de les voir s’écrouler comme un château de cartes : taux d’humidité croissant, maisons devenues trop isolées et mal ventilées, ou encore vétusté qui laisse libre cours à une infiltration d’eau…

mma_carte_france_merule-1Près de trois quarts des communes finistériennes contaminées

Dans le Finistère, près de 75% des communes sont infestées, ce qui fait du département la zone la plus touchée avec les Côtes-d’Armor, le Nord, et la ville de Paris. Dans le reste de la Bretagne, le problème est moindre, avec un taux de 25 à 50% de contamination. Mais dans la mesure où l’échelle nationale indique un taux de contamination dans (seulement) 6,5% des communes, rien n’est fait pour corser les analyses parasitaires lors de diagnostics immobiliers.

Finistère: Un nouvel arrêté préfectoral prévu dans l’année

Le 4 janvier 2018, la Préfecture du Finistère a cependant pris un arrêté pour rendre obligatoire, le diagnostic mérule lors des transactions dans certaines zones. Si six communes sont officiellement placées en vigilance, à savoir Douarnenez, Morlaix, Saint-Martin-des-Champs, Quimper, Elliant, et Châteaulin, dans les faits, le fléau est autrement plus étendu.

Selon Gérard Déniel, chef du service Habitat construction à la Direction départementale des territoires et de la mer, « le sujet est sur la table en vue d’étendre la zone de vigilance à d’autres villes dans l’année, compte tenu du risque potentiel que présente le combo bâtiment ancien / climatologie ». Une liste qui ne pourra cependant être dûment complétée que si l’information remonte: charge aux propriétaires, donc, d’en aviser les mairies qui sont également tenues de relayer les recensements.

Sur la question des états parasitaires des diagnostics, Gérard Déniel admet qu’un visuel constaté ne suffit pas à écarter tout danger. A l’inverse, en venir aux méthodes destructives de carottage ne peut pas devenir une obligation.

A Quimperlé, « toute la partie centre-ville ancien mériterait d’être diagnostiquée pour lever tout soupçon et prévenir, plutôt que de constater des procédures », juge l’adjoint à l’urbanisme, Michel Forget. « Hors de question de fermer les yeux », fustige-t-il, c’est pourquoi « nous allons en délibérer au prochain conseil municipal pour être inscrits parmi les villes à risque dans le prochain arrêté préfectoral. Nous ne voulons pas rater le coche. »

Manon Motir
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